La polémique enfle sur les prix du minerai de fer

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Les sidérurgistes japonais ont accepté une hausse de prix de 90% du minerai utilisé pour l'acier. Le déficit de la matière première devrait se prolonger jusqu'à 2013. Les grands consommateurs de fer, l'industrie notamment l'automobile protestent. Ils menacent de devoir procéder à des dizaines voire des centaines de milliers de suppressions de postes.

La colère monte après l'annonce d'un changement dans les calculs du prix du minerai de fer et les perspectives d'envolée des prix. Les grands groupes industriels qui en consomment massivement, notamment l'automobile, protestent et hurlent au cartel face aux géants du secteur qui font la loi, les anglo-australiens Rio Tinto et BHP Billiton ainsi que le brésilien Vale.

Le comité d'entreprise du numéro un allemand de la sidérurgie, ThyssenKrupp, estime ainsi que plus de 100.000 emplois sont menacés en Europe si les producteurs de minerai de fer, obtiennent les 130% de hausses de prix qu'ils réclament.


Selon la fédération allemande de l'acier, une hausse de prix de 10% du minerai de fer et du coke, les deux composantes de base de l'acier, va entraîner des surcoûts de 500 millions d'euros pour les firmes allemandes. Alors 130%...

Le comité d'entreprise de ThyssenKrupp Steel, premier producteur d'acier allemand, a du coup adressé ce jeudi un appel à la chancelière Angela Merkel et au président de la Commission européenne José Manuel Barroso afin qu'ils "s'engagent pour le maintien des emplois en Europe". Il réclame "que la spéculation sur les marchés des matières premières soit interdite".
 

Ces craintes ont commencé avec la fin annoncée des contrats annuels de livraison de minerai de fer, qui assuraient aux aciéristes des prix relativement faibles. En signant un accord avec Vale, les japonais Nippon Steel et Sumitomo ont a priori mis un terme à un système vieux de 40 ans. Les aciéristes ont en effet accepté une hausse de 90 % des prix par rapport à l'année dernière, à 110 dollars la tonne. Mais ils auraient également accepté une part de contrat à prix variable, comme les clients du groupe BHP Billiton avant eux. La nouvelle a fait grimper le real brésilien. Le premier contrat signé par l'industrie japonaise a en effet tendance à donner le « la » dans la sidérurgie.

Le changement dans le mode de fixation des prix s'explique par les fortes variations de l'offre et de la demande de minerai de fer et d'acier, et de ses cours. Les fortes baisses de prix constatées l'année dernière ont en effet coûté cher aux groupes miniers. Selon les calculs de Goldman Sachs, ils auraient ainsi perdu près de 20 milliards de dollars de chiffre d'affaires 2009, alors qu'ils vendaient leurs minerais au plus bas, et que les cours au comptant ne cessaient de grimper.

Vale, BHP Billiton et Rio Tinto se retrouvent donc en position de force, en raison de la forte demande asiatique de minerai. Si la production est attendue à 1,89 milliard de tonnes cette année, les besoins devraient être légèrement plus importants. Deutsche Bank anticipe un marché en déficit jusqu'à 2013, date à laquelle de nouveaux équipements devraient permettre de produire jusqu'à 2,4 milliards de tonnes de fer.

nouvelle équation

En attendant, le premier groupe à extraire du minerai, Vale, peut imposer ses prix. Selon le journal brésilien « Valor Economico », le groupe a envoyé à ses clients la nouvelle équation : le minerai brésilien se vendra, cette année, au prix de l'indice calculé par Platts pour le minerai concentré à 62 % de fer, auquel il faudra ajouter près de 20 dollars de frais de transport.

Pour Deutsche Bank, cette formule pourrait toutefois rencontrer rapidement ses limites. L'indice calculé par Platts s'appuie sur quelques échanges, et il suffirait donc de peu d'opérations pour l'influencer à la hausse ou à la baisse. Le groupe brésilien proposerait également un prix de fret fixe, alors qu'ils ont beaucoup varié ces dernières années.

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Commentaires
a écrit le 09/04/2010 à 13:38 :
2004 ET 2008 ONT CONNU DES HAUSSES SPECTACULAIRES. LE PRIX DE L'ACIER AGIT EN MONTAGNES RUSSES DEPUIS 2004, ON DIRAIT BIEN QUE LES PROCHAINS MOIS SERONT EN FORTE HAUSSES. D'AILLEURS, LES MOULINS CANADIENS RETARDENT DES COMMANDES OU LIMITENT LEUR QUANTITÉS DISPONIBLES. BIEN QUE LA DEMANDE QUÉBÉCOISE SEMBLE UN PEU À PLAT (LE DOLLAR CANADIEN À PARITÉ DOIT Y ÊTRE POUR QUELQUE CHOSE) LE PRIX DE L'ACIER ,LUI, RÉPOND AUX DEMANDES MONDIALES QUI MONTENT ENCORE.
a écrit le 01/04/2010 à 17:46 :
c'est quand meme étrange que thyssen crie au scandale et au cartel alors que cette entreprise à été condamné il y a 3 ans pour cartel.(dans les ascenceurs)
je pense plutot que cela les intéresse mais ils ne veulent pas etre responsable puliquement!!!
a écrit le 01/04/2010 à 15:08 :
réouvrir les mines de fer et de charbon de Lorraine

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