Pourquoi Li Ka-shing, le "Piketty milliardaire" hongkongais a perdu le sommeil...

Par latribune.fr  |   |  389  mots
"Notre gouvernement doit introduire de nouvelles mesures pour permettre une meilleure dynamique aux politiques de redistribution," a expliqué la première fortune de Hong-Kong, devant un parterre d'étudiants de l'Université de Hong-Kong. (Photo : Reuters) (Crédits : Reuters)
Les inégalités ont rendu insomniaque Li Ka-shing, première fortune de Hong-Kong, âgée de 85 ans.

Aurait-on trouvé un Thomas Piketty hong-kongais en la personne de Li Ka-shing, milliardaire et première fortune de l'ancienne colonie britannique? L'homme âgé de 85 ans, toujours président du groupe Hutchison Whampoa affirmait vendredi devant un parterre d'étudiants de l'Université de Hong-Kong:

"J'ai peur que les inégalités de revenus et d'opportunités grandissantes, restées sans réponse, deviennent la nouvelle norme",

Un constat qui l'empêche même de trouver le sommeil... 

Un seul traitement : la lutte contre les inégalités

Pourtant, "je me sens béni d'avoir vu plus de choses que ce dont je pourrais me souvenir", a-t-il confié. Et ses amis ont bien tenté de lui conseiller "des tonnes de traitements plus efficaces les uns que les autres". Mais rien n'y a fait, le mal est trop grand :

"Les inégalités sont sans doute inévitables car certains sont tout simplement meilleurs que d'autres pour saisir les opportunités que la mondialisation et la connaissance de l'économie permettent (...) mais notre gouvernement doit introduire de nouvelles mesures pour permettre une meilleure dynamique aux politiques de redistribution, afin d'atteindre un bon équilibre entre équité et objectifs économiques".

Inégalités et dépendance à l'aide sociale, un cocktail toxique

L'homme d'affaires serait-il soudainement devenu un partisan de l'État-providence, percepteur et redistributeur de richesses ? Le croire serait aller un peu vite en besogne. Car pour lui, la polarisation de la société n'est pas seule en cause :

"Le cri de rage à cause de la polarisation et le coût écrasant de la dépendance à l'aide sociale forment un cocktail toxique qui bloquent la croissance et favorisent la montée des mécontentements."

Rétablir la confiance dans le système

Sa solution pour faire baisser les inégalités ? Se concentrer sur l'éducation, cet "élixir" capable de débloquer les forces innovantes, les technologies étant l'une des clés des progrès à venir. Progrès à venir dans lesquels il faut à tout prix avoir confiance, selon lui, car eux seuls permettront de continuer à avancer.

"Si la confiance n'agit plus comme énergie positive, les conséquences pourraient être désastreuses. La confiance permet de vivre en harmonie, en évitant que de plus en plus de personnes perdent foi dans le système (...) qu'ils doutent de tout, et pensent que tout est devenu pourri".