La production industrielle chinoise ralentit sa progression sur un an

Par latribune.fr  |   |  448  mots
La hausse de la production industrielle dévoilée par le Bureau national des statistiques (BNS) est très inférieure à la progression de 9% enregistrée en juillet.
La production industrielle en Chine n'a progressé que de 6,9% sur un an en août, marquant un brutal ralentissement par rapport aux mois précédents. Ces chiffres publiés par le gouvernement samedi suggèrent un essoufflement de la deuxième économie mondiale.

La machine chinoise donne des signes de fatigues. La hausse de la production industrielle dévoilée par le Bureau national des statistiques (BNS) est très inférieure à la progression de 9% enregistrée en juillet.

Elle s'établit par ailleurs très en-deçà de la prévision de quinze analystes interrogés par l'agence Dow Jones, qui tablaient en moyenne sur une hausse de 8,7%.

Une consommation elle aussi en berne

De leur côté, les ventes au détail ont progressé le mois dernier de 11,9% sur un an, marquant là aussi un ralentissement sensible de la consommation des ménages par rapport à la hausse de 12,2% sur un an en juillet.

Quant aux investissements en capital fixe, qui reflètent les dépenses dans les infrastructures, ils ont grossi de 16,5% sur un an sur les huit premiers mois de 2014 (janvier-août), en-deçà des attentes du marché.

Là encore c'est un ralentissement par rapport à la progression enregistrée sur l'ensemble des sept premiers mois de l'année (+17% sur un an), qui constituait déjà le rythme de croissance le plus faible depuis 2001.

Le secteur immobilier en cause

Cette salve de statistiques décevantes vient confirmer l'accès de morosité de la conjoncture économique, après des indicateurs qui ont fait état début septembre d'un nouveau ralentissement de la production manufacturière.

En cause, l'impact du refroidissement persistant dans le secteur immobilier, pilier de la croissance du pays, après des années de surchauffe, mais également l'effritement de l'efficacité des mesures prises depuis avril pour stimuler l'activité.

Alors que la croissance économique chinoise était descendue à 7,4% au premier trimestre, au plus bas depuis 18 mois, Pékin avait introduit au printemps des mesures de soutien très ciblées... mais après une accalmie à la fin du deuxième trimestre, ce "mini-plan de relance" semble avoir fait long feu.

Une faible reprise

Le gouvernement avait adopté des réductions fiscales, des facilités pour doper les investissements dans les infrastructures, et surtout, assoupli des règles bancaires pour encourager les prêts aux petites entreprises et au secteur rural.

Une amélioration progressive des indicateurs macroéconomiques s'était traduite par une légère remontée de la croissance économique à 7,5% pour le deuxième trimestre.

Mais dès juillet, les statistiques suggéraient un essoufflement de cette reprise, tandis qu'un effondrement du volume des prêts bancaires accordés en juillet attisaient les inquiétudes sur l'activité.

Pékin vise un objectif de croissance annuelle de 7,5%. De l'avis des experts, les autorités, bien qu'elles excluent tout plan massif de relance, pourraient se résoudre à accroître leurs coups de pouce à l'économie d'ici la fin de l'année.