En 2011 et 2010, le PIB espagnol a été surestimé

Par latribune.fr, avec agences  |   |  318  mots
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Selon l'Institut national de la statistique, l'Espagne a finalement enregistré une croissance de 0,4% en 2011, contre les 0,7% précédemment annoncés. De même, le repli de son produit intérieur brut en 2010 a été sous-estimé et passe désormais de -0,1% à -0,3%.

Journée sombre pour l'Espagne. Selon les nouveaux chiffres de l'Institut national de la statistique (INE) publiés lundi, l'économie espagnole a été largement surévaluée ces deux dernières années. En 2010, le produit intérieur brut du pays a reculé de 0,3% alors que les précédentes estimations tablaient sur -0,1%. Même constat amer concernant l'année 2011. L'institut indique que la croissance a été plus faible que prévu, à +0,4% alors que les précédents chiffres donnaient une hausse de 0,7%. Ces nouveaux chiffres sont le résultat de nouvelles données structurelles et de la réévaluation des chiffres préliminaires, explique l'INE, précisant que la révision de 2011 est due à des exportations moins fortes qu'initialement estimées.

Avenir pessimiste

La quatrième économie de la zone euro, privée de son moteur de croissance, la construction, peine à se relever et a renoué en 2012 avec la récession, deux ans à peine après en être sortie. Ainsi, le PIB espagnol a reculé de 0,4% au deuxième trimestre par rapport aux trois mois précédents où il avait baissé de 0,3%. En cause notamment: "une baisse de la demande sur le marché intérieur, compensée partiellement par une contribution positive de la demande extérieure", explique l'INE dans un communiqué fin juillet. A cela s'ajoute un taux de chômage qui culmine à 24,63% de la population et qui touche 1 jeune sur 2.

Avec de telles perspectives, le gouvernement prévoit désormais un recul de l'économie espagnole de 1,5% sur l'ensemble de l'année, puis de 0,5% en 2013, avant un retour à la croissance en 2014. De son côté, le Fonds monétaire international se montre encore plus pessimiste. En tenant compte du plan d'économie de 65 milliards d'euros d'ici à la fin 2014 - réévalué depuis à 102 milliards -, l'institution prévoit un recul du PIB de 1,7% en 2012 puis de 1,2% en 2013, contre -1,5% et -0,6% attendus auparavant.