Elections : Pécresse lance son Très Grand Paris des Mobilités

Par Jean-Pierre Gonguet  |   |  741  mots
Valérie Pécresse veut 700 nouvelles rames d'ici 2021 pour décongestionner le RER (Crédits : DR)
6 milliards d’investissement supplémentaires d’ici 2021, des dépenses de fonctionnement en augmentation de 800 millions par an, une rénovation des rames de tous les RER et Transilien, Valerie Pécresse joue sa campagne électorale sur les transports. Et sur un Pass Navigo étendu à Velib et Autolib.

« Le STIF a une politique d'achat d'un autre siècle », s'étonne Valérie Pécresse. Le Syndicat des Transports d'Ile de France « achète en effet comptant tous les rames pour les redonner ensuite à la SNCF et la RATP. Lorsque l'on a des taux d'intérêt proches du zéro, il faut acheter sur 30 ans, c'est l'espérance de vie d'une rame. Il faut acheter en crédit bail. Si l'on paie 1/30ème de la rame chaque année, on peut en acheter beaucoup plus. Je propose donc d'en acheter 700 d'ici 2021, soit 407 de plus que ceux déjà programmés, et de rénover les autres. Actuellement, la moyenne d'âge des trains circulant sur les 5 lignes de RER et les 8 lignes de Transilien est de 26 ans. C'est non seulement vétuste mais les deux tiers d'entre eux n'ont aucune video protection. »

Ce n'est pas totalement nouveau

C'est un gros investissement que souhaite faire la candidate LR mais les trains neufs roulent mieux, consomment moins, sont connecté et sécurisés. Pour elle, la régularité s'améliore et chacun y gagne du temps. En même temps, ce n'est pas totalement nouveau puisque le STIF depuis deux ans commence à acheter en crédit bail et que pour la seule année 2015, il va emprunter un milliard d'euros sur cette question auprès de la BEI et de la CDC. L'objectif essentiel de Valérie Pécresse est d'accélérer ce mouvement, plus que de révolutionner les méthodes d'achat que chacun arrête de perdre son temps dans les transports en commun et puisse récupérer chaque jour 5, 10 ou 15 minutes pour sa vie personnelle sur les 85 minutes qu'un Francilien y passe.

Un plan pour les "oubliés du Grand Paris"

Le STIF va devoir évoluer si le conseil régional change de couleur politique en décembre, et d'abord changer de nom pour devenir « IDF Mobilités » car l'idée de Valérie Pécresse est de s'occuper de tous les transports jusqu'au vélo, électrique ou non, en passant par les voitures en auto-partage. Les candidats de tous bords et même le sortant sont à peu près unanimes sur cette nouvelle compétence, mais Valérie Pécresse en profite pour modifier un peu la Société du Grand Paris, en charge de la construction du Grand Paris Express et des 72 gares qui vont avec. Et ces gares ne font pas, selon elle, assez attention à leur environnement de transports : peu de parkings, peu de places pour les vélos ou le covoiturage, une faible réflexion sur le report intermodal. Pour elle, les parkings sont « sous-dimensionnés », le plus grand « scandale » actuellement étant la gare de Noisy-le-Grand qui a prévu 400 places de parking alors que la gare accueille 18.000 voyageurs par jour. Or elle souhaite mettre en place un plan transports pour les « oubliés du Grand Paris » avec , en particulier, 5 nouvelles lignes de bus en grande couronne, un millier de bus supplémentaires ( il y en a 9.000 actuellement en Ile-de-France pour 1.435 lignes) et 24 lignes de bus en site propre, dont 14 en grande couronne. Ces lignes vont « rabattre » les usagers sur les gares du Grand Paris Express, allant les chercher jusqu'à Fontainebleau ou Meaux. Ce qui suppose que non seulement les gares soient prévues pour le report modal mais que le réseau du Grand Paris soit totalement interconnecté : elle demande une gare à Drancy, dont le député maire est l'UDI Jean Christophe Lagarde, sur la ligne 15.

Le retour de l'éco taxe

Pour la candidate LR, les coûts de fonctionnement supplémentaires du plan seront couverts par des recettes équivalentes. La transformation du Pass Navigo en « Pass mobilités universel » qui donnera accès à tous les transports, Velib et Autolib compris, et le parking dans certaines gares serait ainsi compensée par une tolérance zéro contre la fraude (100 millions d'euros) et la suppression des réductions de 75% pour les étrangers en situation irrégulière (72 millions d'euros). L'achat de rames neuves le sera par une augmentation du nombre d'abonnés (90 millions) et les économies liées au redéploiement du nouveau matériel roulant et l'amélioration de l'exploitation du réseau (340 millions). Et, bien sûr, le rétablissement de l'éco taxe pour les poids lourds que Valérie Pécresse avait signée lorsqu'elle était ministre du Budget et que le gouvernement a depuis supprimé