Politique industrielle : le gouvernement remet un peu d'ordre

Par Fabien Piliu  |   |  558  mots
Emmanuel Macron compte rapprocher les objectifs des pôles de compétitivité de ceux de la Nouvelle France industrielle (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Lundi, lors du Conseil des ministres, Emmanuel Macron a annoncé le rapprochement prochain des pôles de compétitivité et du programme de la Nouvelle France industrielle.

Un peu de cohérence ne saurait nuire. Ce lundi, lors du Conseil des ministres, Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie a annoncé que les pôles de compétitivité se rapprocheraient bientôt des objectifs poursuivis par la Nouvelle France industrielle.
Concrètement, cette réforme, qui sera détaillée avec plus de précisions dans quelques semaines, consistera à rapprocher les objectifs des 71 pôles, créés en 2005 par Dominique de Villepin alors à Matignon, avec ceux de la politique de la Nouvelle France industrielle, notamment l'Industrie du Futur.

Une meilleure lisibilité

Le ministre souhaite également une " meilleure lisibilité " de l'organisation des pôles de compétitivité en identifiant les pôles les plus en lien avec chacune des neuf solutions industrielles, parmi lesquelles " les nouvelles ressources ", " les villes durables ", " les objets intelligents "... Ce n'est pas tout. Cette organisation sera adaptée aux nouvelles compétences des régions en matière de développement économique, " ce qui leur permettra de mieux s'impliquer dans cette action " et devra " s'articuler étroitement avec les acteurs de l'enseignement supérieur et de la recherche, notamment les groupements d'universités et d'établissements ", explique le compte-rendu du Conseil des ministres.

" C'est cette articulation entre les compétences nationales et régionales qu'il reste à définir ", explique Jean-Luc Beylat, le président de l'Association française des pôles de compétitivité (AFPC) qui rêve de coopérations interrégionales efficaces dans le futur, certains secteurs comme la santé, l'agroalimentaire ou l'aéronautique ayant des pôles de compétitivité répartis dans plusieurs régions

Évaluation des performances

Parallèlement à cette réforme d'envergure, un cabinet d'experts indépendants évaluera les performances des pôles au premier semestre. Ce n'est pas une surprise. Cet audit était prévu lors du lancement de la troisième phase des pôles, qui s'étend de 2013 à 2018, dont l'objectif est de de renforcer les retombées économiques de leurs actions.

Ce n'est pas vraiment la première fois qu'ils passeront au banc d'essai. En 2011 et en 2012 déjà, la politique publique des pôles avait été auditée avec, à la clé, quelques délabellisations qui avaient fait grincer des dents. En effet, la perte du statut de label est susceptible de nuire à l'attractivité d'un territoire.

" Avec cet alignement des objectifs dans le domaine industriel, le gouvernement consacre l'importance cruciale des pôles dans le renouveau industriel tricolore ", estime Jean-Luc Beylat. Ce ne fut pas toujours le cas. En 2015, il s'en est fallu de peu pour que les crédits de fonctionnement accordés aux pôles par l'Etat, proche de 22-23 millions d'euros, soient réduits.

Un grand ménage

Ce n'est pas la première fois que le ministre de l'Economie fait le ménage. En septembre 2014, quelques semaines après son arrivée à Bercy, Emmanuel Macron avait déjà procédé à de sérieuses retouches. Sur les 34 plans initialement prévus par son prédécesseur à Bercy, Arnaud Montebourg, il n'en reste plus que 9. " Neuf solutions industrielles pour neuf marchés prioritaires ", martelait alors Emmanuel Macron. Il n'y a désormais plus qu'à attendre et à espérer que cette politique industrielle, renforcée par les pôles de compétitivité, produise enfin ses effets. Pour l'instant, seule la baisse des cours du brut permet à l'industrie de sortir la tête de l'eau.