Un pic de l'épidémie de Covid-19 cet automne ou une vaccination massive : les Français doivent choisir, dit la HAS

Par latribune.fr  |   |  645  mots
En Europe, le Delta représentera 90% des cas de Covid-19 fin août, selon le Centre européen de prévention et contrôle des maladies. (Crédits : POOL)
A l'heure où le débat sur la vaccination obligatoire s'intensifie, Dominique Le Guludec, présidente du collège de la Haute Autorité de Santé (HAS), estime qu'il faut l'envisager. "On a le choix à l'automne de se retrouver avec à nouveau une épidémie à un pic ou on a le choix de se faire massivement vacciner", estime-t-elle.

Alors que la vaccination pourrait devenir obligatoire pour les soignants, Dominique le Guludec, présidente de la Haute Autorité de Santé (HAS), va plus loin et estime qu'il faut envisager étendre le principe à toute la population âgée de plus de 12 ans. La vaccination constitue en effet une arme pour lutter contre la propagation du variant Delta en France.

Ce variant, qui arrive à vitesse grand V en France, est en effet bien plus contagieux que les autres (environ 60% de plus que le variant britannique, Alpha) et "devient progressivement dominant", a rappelé le ministre de la Santé Olivier Véran le 29 juin. Il représente désormais "environ un tiers des contaminations" en France, a affirmé Olivier Véran ce vendredi, alors qu'il représentait 20% des cas il y a trois jours.

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Les soignants en première ligne

"On a une menace, c'est celle du variant Delta. La différence majeure, c'est qu'aujourd'hui, on a une arme donc on a le choix à l'automne de se retrouver dans la situation de l'année dernière avec à nouveau une épidémie à un pic et des restrictions sanitaires ou on a le choix de se faire massivement vacciner", a expliqué Dominique le Guludec.

"Ce choix, je ne peux qu'exhorter tout le monde à le prendre. On a des vaccins qui marchent et qui marchent très bien, y compris contre ce variant", a-t-elle ajouté.

Les soignants doivent notamment entendre qu'ils ont un rôle particulier dans la transmission de ce virus et "qu'ils en tirent les conséquences et aillent se faire massivement vacciner", a-t-elle ajouté.

Dans ce sens, Olivier Véran a évoqué cette semaine la forte possibilité de rendre obligatoire la vaccination des soignants. Le ministre dit avoir écrit aux directeurs d'Ehpad où, selon le ministère, "les professionnels sont 57% à avoir reçu une première dose" et seulement 44% à être complètement protégés. Sur cette question, le président du Conseil scientifique a également changé d'avis. "J'étais contre l'obligation mais il me semble que maintenant on a atteint le niveau où on va devoir envisager une obligation. À mes yeux, beaucoup se joue dès maintenant", a déclaré le 30 juin l'immunologiste.

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Le gouvernement devrait ainsi soumettre un texte de loi en septembre, voire dès le mois de juillet pour rendre obligatoire la vaccination pour cette catégorie de la population, selon Le Parisien-Aujourd'hui en France. "On reste désolés d'arriver à l'obligation vaccinale, on a toujours pensé qu'il valait mieux convaincre", a expliqué Dominique le Guludec.

Selon cette dernière, "il faudra envisager" également une vaccination obligatoire pour tous au-dessus de 12 ans, en fonction de la situation épidémique et du temps de vaccination.

"Il n'est pas question de stigmatiser les soignants qui ont beaucoup donné dans cette crise. Ils ont un rôle important mais ils sont loin d'être les seuls", a-t-elle insisté.

Dominique le Guludec a rappelé que le risque d'un retour des restrictions sanitaires à l'automne était réel. "Les règles seront pour tout le monde et tout le monde subira la non-vaccination de certains", prévient-elle.

En effet, en Europe, le variant Delta représentera 90% des cas de Covid-19 fin août, selon le Centre européen de prévention et contrôle des maladies. Cette nouvelle vague à la rentrée est un scénario qui se dessine selon le Pr Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique. "Je crois qu'on aura une quatrième vague mais qu'elle va être beaucoup plus nuancée que les trois premières, car il y a un niveau de vaccination qui n'est pas du tout le même", a-t-il indiqué le 30 juin sur la radio France Inter.

(Avec AFP)