Gaz naturel : le Turkménistan fait les yeux doux à l'Europe

Par latribune.fr  |   |  327  mots
"L'achèvement du gazoduc Est-Ouest apporte un contenu tout à fait nouveau à notre travail avec les partenaires européens", a assuré le président turkmène lors de l'inauguration ce mercredi à Belek, dans l'ouest du pays. (Crédits : Reuters David Mdzinarishvili)
Achgabat a annoncé l'achèvement d'un gazoduc stratégique reliant les principaux gisements du pays, quatrième réserve de gaz naturel au monde. Le président turkmène dit mener un dialogue pour livrer ses hydrocarbures à l'Europe, encore très dépendante de la Russie.

Le président turkmène Gourbangouly Berdymoukhamedov a inauguré, mercredi 23 décembre à Belek, un gazoduc stratégique reliant les principaux gisements du Turkménistan. Il vise notamment à renforcer les capacités d'exportation de ce pays d'Asie centrale qui possède la quatrième réserve de gaz naturel au monde.

Le gazoduc d'environ 800 kilomètres de long, qui relie les riches gisements de gaz dans l'est et le centre du pays avec la partie ouest du Turkménistan, est doté d'une capacité annuelle de 30 milliards de mètres cubes, selon le président turkmène.

Ce projet, d'un montant total de plus de 2,5 milliards de dollars, vise non seulement à "accélérer le développement industriel" des régions de l'ouest turkmène, mais aussi à "augmenter les possibilités potentielles de coopération dans le domaine énergétique" sur la scène internationale, a souligné le président.

Ouverture à l'international, l'Europe en ligne de mire

Le gazoduc permettrait notamment d'accroître les livraisons de gaz turkmène vers l'Iran, et pourrait devenir un composant important d'un autre projet ambitieux, celui du gazoduc transcaspien qui livrerait à l'Europe du gaz turkmène et d'Azerbaïdjan. Ce projet, qui suscite l'ire de Moscou, fait partie du vaste chantier de Corridor sud pour le gaz.

"Nous menons actuellement un dialogue actif et intéressé avec nos collègues européens afin d'étudier les possibilités de livraisons d'hydrocarbures turkmènes à l'Europe", a indiqué M. Berdymoukhamedov. "L'achèvement du gazoduc Est-Ouest apporte un contenu tout à fait nouveau à notre travail avec les partenaires européens", a-t-il souligné.

L'Europe cherche en effet à se défaire de sa dépendance aux livraisons de gaz russe ou transitant par la Russie.

De son côté, le Turkménistan, dont les sous-sols renferment de gigantesques réserves d'hydrocarbures, cherche à diversifier ses voies d'exportations, elles aussi très dépendantes de la Russie. Mais le pays manque encore des infrastructures nécessaires pour le transport.

(Avec AFP)