Malgré sa croissance au ralenti, la Chine promet 60 milliards de dollars "d'aide" à l'Afrique

Par latribune.fr  |   |  504  mots
Par ailleurs, plus d'un million de travailleurs chinois sont sur le continent et, selon la Banque Mondiale, plus de 2.200 entreprises chinoises sont présentes en Afrique subsaharienne. (Crédits : Reuters)
Alors que le ralentissement de la croissance chinoise et la baisse des investissements de Pékin en Afrique suscitent des inquiétudes, Xi Jinping a annoncé la création d'un fonds de développement destiné notamment à l'agriculture, à l'industrialisation et au développement vert du continent, lors du sommet sino-africain de Johannesburg, vendredi.

La Chine compte toujours miser massivement sur le continent africain. Le président chinois Xi Jinping a promis vendredi 60 milliards de dollars d'aide à l'Afrique", principalement sous forme de prêts (5 milliards de prêts à taux zéro et 35 milliards de prêts à taux préférentiels) à l'occasion du sommet sino-africain qui se tient à Johannesburg jusqu'à samedi, réunissant une quarantaine de chefs d'Etats africains.

La somme distribuée dans un fond de développement doit permettre de financer dix plans de coopération sur trois ans, notamment dans l'agriculture, l'industrialisation, de la réduction de la pauvreté, de la santé, de la culture, de la sécurité, de la protection de la nature ou encore du développement vert.

Dans le cadre d'un programme de "partenariat industriel", le président chinois a aussi annoncé la formation en Afrique de 200.000 techniciens et en Chine de 40.000 Africains. Pékin s'est ainsi engagé à "mettre en œuvre 100 projets d'énergie propre, de protection de la faune et de la flore ou encore de développement agricole respectueux de l'environnement".

Dettes effacées

Et en dépit du ralentissement de l'économie chinoise - une croissance à 7% est espérée par les dirigeants chinois à la fin de l'année, contre 7,4% en 2014 -, Xi Jinping a précisé que son pays allait accentuer ses investissements dans les industries manufacturières africaines tournées vers l'exportation et aider à la construction de routes, de ports et de liaisons ferroviaires.

Enfin,  Xi Jinping a annoncé que la Chine allait effacer les "dettes gouvernementales sans intérêt échues fin 2015" des pays africains les moins avancés.

La question du ralentissement économique est un des principaux sujets au menu du sommet. Les investissements directs de Pékin vers l'Afrique ont fortement ralenti au premier semestre de 40%, atteignant environ 1,2 milliard de dollars, et les importations ont reculé de 43%.

"Les investissement directs à l'étranger de la Chine ont baissé car de nombreux investissements majeurs sont destinés aux secteurs des minerais et au pétrole, et le prix des matières premières est tombé bas. Cela signifie que tout IDE coûteux est susceptible d'être reporté jusqu'à ce que les prix augmentent et l'investissement semble à nouveau possible", expliquait Deborah Brautigam, directrice de l'institut de recherche Chine-Afrique à l'université américaine Johns Hopkins.

Premier partenaire commercial de l'Afrique

La Chine reste toutefois le premier partenaire commercial de l'Afrique. Les échanges commerciaux entre les États-Unis et l'Afrique dépassaient les 73 milliards de dollars en 2014, tandis que les échanges sino-africaine grimpaient à 222 milliards de dollars. En 2000, ils atteignaient 10 milliards de dollars.

Par ailleurs, plus d'un million de travailleurs chinois sont sur le continent et, selon la Banque Mondiale, plus de 2.200 entreprises chinoises sont présentes en Afrique.subsaharienne.

Mais ces dernières sont soumises à une forte concurrence des entreprises locales appelées les "lions africains". Le BCG expliquait en novembre que les multinationales ont perdu des parts de marché entre 2009 et 2014 dans la grande consommation, les services financiers, les matériaux de construction, l'assurance ou encore le secteur pharmaceutique.