Face aux ouvriers Whirlpool, Le Pen : 1 - Macron : 0 ? Pas si sûr

Par latribune.fr  |   |  926  mots
Emmanuel Macron a eu droit mercredi à un accueil houleux, entre quelques sifflets et des "Marine présidente", sur le site Whirlpool d'Amiens, où sa concurrente Marine Le Pen s'était rendue dans la matinée, ont constaté des journalistes de l'AFP. (Crédits : Pascal Rossignol / Reuters)
La candidate du Front National s'est invitée ce matin à la hussarde sur le site de Whirlpool à Amiens : une manière de défier directement le candidat d'En Marche! qui rencontrait cet après-midi l'intersyndicale de l'établissement dans les locaux de la chambre de commerce.

"Mme Le Pen est donc venue à Amiens parce que j'y venais. Bienvenue à elle. Mais Mme Le Pen n'a pas compris comment fonctionnait le pays et nous n'avons définitivement pas la même ambition, ni le même projet", a cinglé M. Macron.

Emmanuel Macron a annoncé mercredi qu'il rencontrerait dans l'après-midi les salariés du site d'Amiens de Whirlpool en compagnie des représentants de l'intersyndicale de l'entreprise, après la visite surprise ce matin de Marine Le Pen sur se site industriel.

"Démagogie", "fausses promesses"... Macron invective son adversaire

"Avec l'intersyndicale, nous sommes convenus que je me rendrai cet après-midi pour rencontrer les salariés", a déclaré M. Macron lors d'une conférence de presse, en dénonçant "l'utilisation politique" de la situation de Whirlpool par la candidate du FN qui "va haranguer des militants politiques sur un parking".

Face aux salariés qui s'opposent à la délocalisation de leur usine en Pologne, le candidat d'En Marche! précisait ses divergences d'approche avec son opposante :

"Si vous ne parlez pas aux représentants des salariés mais que vous allez faire de la démagogie, de l'invective ou des fausses promesses, vous ne réglez aucun problème du pays". Or "l'intersyndicale a été exemplaire dans le cadre du conflit Whirlpool à Amiens."

Le Pen, sur sa visite surprise : "Evidemment que c'est un message"

Quant à Marine Le Pen, évidemment entourée d'une nuée de caméras, ravie de son coup médiatique, elle déclarait depuis le parking du site industriel, selon Franceinfo:

"Je suis au milieu des salariés qui résistent à cette mondialisation sauvage, je ne suis pas avec des représentants qui mangent des petits fours."

Après avoir ainsi attaqué le syndicalisme et la probité de ses représentants, la candidate du FN à la présidentielle enchaînait en fustigeant le "mépris" de son adversaire:

"Evidemment que c'est un message", a-t-elle déclaré. "Quand j'ai appris qu'Emmanuel Macron venait ici et qu'il n'entendait pas rencontrer les salariés, qu'il n'entendait pas venir sur ce piquet de grève (...), j'ai trouvé que c'était une preuve de mépris à l'égard de ce que vivent les salariés de Whirlpool", rapportait le site Franceinfo.

Le Pen : 1 - Macron : 0 ? Les réseaux sociaux sont partagés

Cette razzia médiatique de Marine Le Pen a certes mis en difficulté son adversaire, mais celui-ci n'a pas forcément perdu la bataille. Voici deux exemples, qui en l'état de la situation, illustrent la manière dont les Français ont réagi sur les réseaux sociaux : la journaliste du Figaro fustige le manque de charisme du candidat d'En Marche (et au passage les médias) et donne la victoire à la candidate du Front National tandis que la journaliste du Bondy Blog trouve que Macron a montré sa résistance et sa pugnacité en restant sur le site des heures pour assainir le terrain miné par Le Pen.

"C'est quoi le projet de Mme Le Pen ?"

Macron, lui, avait dû se défendre pied à pied, comme dans un débat télévisé mais sans son adversaire qui n'était restée sur place que quelques dizaines de minutes :

"Je voudrais que toutes et tous dans cette région qui m'est chère (...) se rendent compte de ce qu'est le projet de Mme Le Pen. Le projet de Mme Le Pen ne règle rien de la situation de Whirlpool. Rien", a poursuivi M. Macron.

"Il y a un dialogue exigeant à avoir parce que la situation n'est pas acceptable. Mais moi, je ne me résous pas à l'idée qu'on délocalise ce site donc il doit trouver un repreneur, avec une activité industrielle pérenne, avec un vrai reclassement et de la considération pour des salariés qui ont parfois plus de vingt-cinq ans de maison."

Il continuait sa contre-attaque par une évocation de ce que serait la France avec Le Pen  :

"C'est quoi le projet de Mme Le Pen ? La sortie de l'Europe, de l'euro. C'est la destruction des 1.000 emplois de Procter et Gamble que j'ai été visiter il y a un an ici à Amiens."

Avant de conclure, cinglant :

"Mme Le Pen élue, cette entreprise fermera, et je peux en citer des dizaines d'autres ainsi. Voilà ce qui nous différencie vraiment dans la méthode et sur le fond."

"Les gens du FN sont habitués à ne pas régler les problèmes mais à les exploiter"

Plus tôt, le candidat d'En Marche avait ainsi cadré sa rencontre avec les salariés de l'usine de sèche-linge en arrivant à la Chambre de commerce et d'industrie d'Amiens-Picardie :

"Je suis venu pour voir les représentants des salariés comme je m'y étais engagé. Je suis venu ici à l'écoute des salariés, pour parler de manière efficace, pour accompagner de manière responsable et ne faire aucune démagogie."

"Les gens du FN sont habitués à ne pas régler les problèmes mais à les exploiter. Je cherche à les régler, pas à les exploiter", a assuré M. Macron avant d'entrer en réunion avec une douzaine de représentants des salariés.

Avec AFP