Autriche : l'extrême droite en tête au premier tour de la présidentielle

Par latribune.fr  |   |  353  mots
Le parti, allié du FN au parlement européen, avait auparavant doublé son score lors des élections régionales de Haute-Autriche organisées en septembre, récoltant alors plus de 30% des voix.
Norbert Hofer, candidat du Parti de la liberté (FPÖ), a mené campagne sur deux thèmes principaux, la lutte contre l'immigration et contre l'Europe. Pour la première fois depuis l'instauration en Autriche du suffrage universel direct pour la magistrature suprême, la présidence ne reviendra ni aux conservateurs ni aux sociaux-démocrates.

Inédit. Le candidat de l'extrême droite autrichienne, Norbert Hofer, est arrivé largement en tête dimanche du premier tour de l'élection présidentielle, selon des résultats officiels encore provisoires. Avec 36,4% des suffrages, il affrontera au second tour le candidat indépendant Alexander van der Bellen, ancien chef de file des Verts autrichiens, crédité de 20,4% des suffrages.

Norbert Hofer, candidat du Parti de la liberté (FPÖ), a mené campagne sur deux thèmes principaux, la lutte contre l'immigration et celle contre l'Europe. Une recette qui avait déjà permis au parti, allié du FN au parlement européen, de doubler son score lors des élections régionales de Haute-Autriche organisées en septembre, récoltant alors plus de 30% des voix.

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Le chancelier social-démocrate, Werner Faymann, dont la formation n'a pu faire mieux qu'une quatrième place, a déclaré que le résultat du premier tour était un avertissement adressé au gouvernement qui devra travailler davantage et mieux coopérer. Il n'a donné aucune consigne de vote, pas plus que le vice-chancelier conservateur Reinhold Mitterlehner.

Fin du partage du pouvoir entre deux partis

La participation a avoisiné les 70%, bien plus que les près de 50% atteints il y a six ans, lorsque le président sortant avait obtenu un deuxième mandat. Heinz Fischer, âgé de 77 ans, n'avait pas le droit de solliciter un troisième mandat.

Quel que soit le résultat du deuxième tour, prévu le 22 mai, la présidence ne reviendra ni aux conservateurs ni aux sociaux-démocrates, une première depuis l'instauration en Autriche du suffrage universel direct pour la magistrature suprême. Depuis la fondation de la Seconde république en 1945, le SPO (Sozialdemokratische Partei Österreichs pour Partic socialo-démocrate d'Autriche) et l'ÖVP  (Österreichische Volkspartei pour Parti du peuple autrichien, qui est chrétien démocrate et conservateur), essentiellement, se sont partagés le pouvoir. Un seul président -Rudolf Kirchschläger, affilié à aucun parti et au pouvoir entre 1980 et 1992- était venu interrompre leur hégémonie.

(L. P. avec Reuters)