Vous venez de participer à un Conseil des ministres de l'Intérieur. Quelle est l'issue de cette réunion ? Pensez-vous qu'il y a une solution à la crise migratoire ?
Je pense que le résultat de la réunion d'aujourd'hui est que presque la majorité des États s'est prononcée contre des actions unilatérales. Et certains des pays qui ont agi de manière unilatérale assurent qu'ils l'ont fait à cause des mesures prises par un autre État.
Nous avons conclu qu'il fallait appliquer les décisions prises lors du sommet précédent. Les décisions prises par les Premiers ministres doivent être appliquées sur le terrain. Je ne peux pas dire ce sera réellement appliqué. Nous verrons.
Quel est le rôle de la Turquie dans ce processus ? Les ministres européens ont-ils donné l'ultimatum du 7 mars à Ankara pour l'application de l'accord ?
Le mot « ultimatum » est trop lourd. Nous avons dit à Ankara, d'une manière amicale, mais ferme, que nous nous attendons à voir ce que nous n'avons pas vu jusqu'ici : son engagement à réduire le flot de migrants qui quittent ses côtes pour l'UE.
Si la frontière gréco-macédonienne reste fermée, pensez-vous qu'il y ait un danger de suffocation ?
Non, il n'y a pas de danger de suffocation. La Grèce est en difficulté et le restera, des dizaines de milliers de réfugiés et d'immigrants illégaux resteront dans notre pays.
Nous n'avons pas eu le temps de créer les espaces d'accueil nécessaires, pour qu'ils ne soient pas obligés de dormir dans des bus ou dehors. Nous voulons offrir des conditions de vie décentes à ces personnes, avec la dignité qui caractérise les Grecs, malgré ces grandes difficultés.
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Je pense que d'ici dix jours nous serons en mesure de gérer la situation d'une manière décente. Pas dans de bonnes conditions, mais dans des conditions décentes.
Avez-vous parlé de la mission de l'OTAN en mer Égée ?
Les États membres, la présidence néerlandaise, l'ONU, la Commission européenne et l'agence Frontex ont marqué leur accord avec les projets de l'OTAN.
Lors d'une interview récente avec EurActiv, le vice-ministre aux Affaires étrangères, Nikos Xydakis, a estimé que l'OTAN devrait porter un grand coup aux passeurs. Êtes-vous d'accord ? La Turquie est-elle d'accord ?
Nous sommes d'accord. Le problème, c'est l'engagement pris par la Turquie. Elle doit à présent prouver cet engagement dans la pratique. Notre attitude face à la Turquie devrait dépendre de l'application des mesures qu'elle a acceptées.
Nous voulons croire que l'engagement politique d'Ankara est réel. Avec l'aide de l'OTAN, de l'UE et de Frontex, elle arrivera [à limiter le nombre d'arrivants dans l'UE]. Elle n'a plus d'excuse.
Pensez-vous que la Turquie utilise la crise des réfugiés pour avancer ses propres buts politiques et renforcer sa position pour les négociations futures ?
Je suis membre d'un gouvernement, je ne peux donc pas donner mon avis là-dessus. En tant que ministre européen, j'attends de la Turquie qu'elle respecte ses promesses, avec l'aide de l'UE et de l'OTAN.
Quelle est la situation avec l'Autriche ?
Nous pensons que l'Autriche a fait une erreur considérable, monumentale, en adoptant une position qui est hostile vis-à-vis de l'UE et de la Grèce.
L'Autriche ne se comporte pas en pays amis. Comme la Grèce, c'est un pays où arrivent beaucoup de réfugiés, un pays en difficulté, où le fardeau de la crise est disproportionné. Jusqu'ici, Vienne a fait face avec sérieux et dignité. Son attitude avec la Grèce était également sérieuse.
Pourtant, la dernière mesure prise par l'Autriche est une marque d'hostilité. J'estime néanmoins qu'un acte hostile ne peut nous faire oublier le passé ou anticiper l'avenir. Après la réunion d'aujourd'hui, le pense que Vienne se rendra compte de son erreur.
Avez-vous un commentaire à faire sur l'attitude de la Hongrie ?
Le comportement de la Hongrie n'est pas celui de l'UE.
Budapest a annoncé un référendum sur les quotas de réfugiés.
En effet, et le commissaire à la migration, Dimitris Avramopoulos, y a répondu. Il est évident que nous sommes en désaccord total avec cette attitude.
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Par Sarantis Michalopoulos, EurActiv Grèce (Traduit par Manon Flausch)
(article publié le 29 févr. 2016)

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