Régionales: la victoire du Front national à la Une de la presse étrangère

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Comment interpréter le résultat des élections du 6 décembre ? Et quels peuvent en être les effets non seulement en France, mais plus généralement en Europe ? Les journaux étrangers, comme la presse française, s'interrogent.
Les résultats des élections ont mis "en évidence l'émergence du Front national de Marine Le Pen en tant que troisième pôle de la politique française, capable d'appâter les électeurs conservateurs", mais aussi souligné à quel point, "à moins de 18 mois des élections présidentielles et législatives", "l'élan du président François Hollande et des autres groupes de gauche, qui à présent président globalement toutes les principales régions françaises sauf une, s'estompe". Telles sont selon The Wall Street Journal les principales leçons à tirer des régionales de dimanche.
Quant à leurs enjeux pour l'avenir, le journal américain rappelle à ses électeurs que "prendre le pouvoir dans l'une des 12 principales régions françaises serait un coup symbolique pour le Front national". Certes, "les assemblées régionales et leur président n'ont pas de contrôle sur les sujets préférés par le Front national, à savoir la défense, la sécurité et l'immigration". Cependant, "contrôler une région permettra au Front national de montrer s'il est capable de gouverner avant les présidentielles de 2017", souligne le WSJ. En citant James Shields, professeur de politique française à l'Université d'Aston, spécialiste de l'extrême droite, le quotidien insiste :
"Le spectaculaire sursaut de popularité de François Hollande au lendemain des attentats ne s'est pas traduit dans les urnes dimanche soir", analyse le journal belge L'Echo, soulignant que la France, "encore traumatisée par les attentats du 13 novembre", se réveille sous "le choc" de la percée historique du Front national .
Citant la même source que le Wall Street Journal, à savoir le professeur James Shields, le Financial Times rappelle que "ces résultats sont un choc mais ne devraient pas être une surprise". Quant aux stratégies des autres parties pour contrer la vague, le quotidien britannique se montre assez pessimiste :
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Avant de souligner :
Le journal italien souligne que Marine Le Pen a tenu dimanche soir un "discours presque gaulliste", en parlant même de "grandeur". Ce qui représente, pour un parti "qui a toujours vu chez les gaullistes son ennemi naturel", et alors que Sarkozy refuse toute alliance avec les socialistes contre le FN, un "renversement total", ouvrant la voie à une "ère complètement nouvelle de l'histoire française et européenne", estime Il Corriere della Sera.
Si Marine Le Pen, "personnage anti-système", "conquérait aussi Paris, ce serait la fin de l'Europe", à savoir l'abandon non seulement du traité de Schengen "que presque tous les Français considèrent dépassé", mais aussi de celui de Maastricht: donc "une grande marche en arrière. Le retrait de la France de l'Histoire". D'ailleurs, bien que "la majorité des Français aient du mal à penser que Marine Le Pen puisse devenir présidente", "depuis que la terreur lui a déclaré la guerre, la France marche sur un terrain inexploré".
Il Corriere insiste par ailleurs sur "les histoires et les idées très différentes" de Marion Maréchal-Le Pen et Marine Le Pen: "ambiguïté [qui] contribue à la croissance extraordinaire de l'extrême droite", mais qui "constitue aussi la limite qui lui rendra difficile, si pas impossible, la conquête de l'Elysée et du pays", conclut-il.
"Attention, le résultat de dimanche est pas une balle perdue", met en garde le Süddeutsche Zeitung. Le quotidien allemand souligne ainsi :
Cependant, les explications de ce succès "ne peuvent pas être trouvées dans le FN lui-même. Il faut rechercher du côté des causes du malaise de ceux qui pendant des décennies se partagent le pouvoir dans la Ve République", estime le journal, à savoir "chez les Socialistes et "Les Républicains" et leurs héros de long cours mais depuis longtemps consommés, François Hollande et Nicolas Sarkozy"." Sans cesse les partis établis ont promis des changement et des réformes, mais ils ont seulement très peu réformé", rappelle-t-il.
Le journal espagnol estime que "la gauche peut être rayée de la carte de France" à l'issue du second tour. Selon le quotidien, la débandade des socialistes est due aux divisions de la gauche, notamment au fait que le Fronde gauche et EELV ne se soient pas associés avec le PS. Et de souligner qu'une partie de l'électorat voit le PS comme "les principaux responsables de la montée de l'extrême droite".
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Comme le Financial Times, El País, qui souligne lui aussi les prérogatives limitées des régions, souligne par ailleurs que "le Front National aura un an et demi pour se montrer capable de diriger des institutions plus importantes, en vue de la présidentielle de 2017".
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