Espagne : les députés Podemos renoncent à une partie de leurs indemnités parlementaires

Par Timothée de Rauglaudre  |   |  470  mots
Le parti de Pablo Iglesias veut mettre en avant un rejet des "privilèges" des acteurs de la vie politique. (Crédits : SUSANA VERA)
Élus lors des élections générales espagnoles de décembre, les 69 députés du parti de gauche radicale Podemos et de ses alliés régionaux ont renoncé à une partie des avantages financiers offerts par leur poste. Le parti entend ainsi « construire des institutions proches des conditions de vie des citoyens, et qui ne servent pas à la consolidation des privilèges ».

En Espagne, les députés Podemos fraîchement élus ne toucheront qu'un maximum de 850 euros par mois au lieu des 1.823 euros prévus par le règlement du Congrès des députés, selon le site du quotidien espagnol El Mundo. Le Conseil citoyen, comité de direction politique du parti, a en effet établi dimanche 3 janvier à Madrid un règlement interne exhortant les élus à renoncer à certains avantages que leur confère leur mandat, allant d'une limitation des salaires à un renoncement à hauteur de 1.000 euros par mois d'une partie des indemnités de logement, en passant par le refus de se faire payer leur facture Internet et leurs déplacements en taxi. Le Conseil citoyen entend par là mettre en avant un rejet des « privilèges » et ainsi montrer l'exemple.

Le salaire des députés limité à trois salaires minimums

Les députés résidant hors de Madrid reçoivent habituellement 1.823 euros par mois en guise d'aide au logement et à l'alimentation. Ceux qui ont été élus sous la bannière de Podemos toucheront pourtant 850 euros maximum à cet effet. De même, leur salaire sera limité à l'équivalent de trois salaires minimums, soit trois fois 648 euros, à égalité avec tous les représentants publics de la formation politique. D'après le règlement interne établi par le Conseil citoyen, les députés devront également renoncer aux « pensions et autres prestations économiques pour les ex-parlementaires », ainsi qu'aux 3.000 euros mensuels versés pour les déplacements en taxi et au paiement de leur facture Internet par l'État. L'argent refusé par les élus ne permettra pas de réaliser des économies publiques, puisqu'il sera alloué aux frais de fonctionnement du Congrès ou aux projets sociaux comme le plan Impulsa, qui apporte de l'aide aux entrepreneurs.

« Construire des institutions proches des conditions de vie des citoyens »

Dans un communiqué, Podemos prétend démontrer par ces mesures « ses efforts pour construire des institutions proches des conditions de vie des citoyens, et qui ne servent pas à la consolidation des privilèges, ainsi que son engagement à la transparence ». Avec de tels engagements, la formation de gauche radicale entend jouer sur l'exaspération des Espagnols face à la corruption dans le monde politique, notamment suite aux affaires qui ont impliqué le Parti populaire (PP), parti du président du gouvernement sortant Mariano Rajoy. Les députés du Congrès voteront, lors de leur première réunion le 13 janvier, pour un nouveau président du gouvernement. Si aucun candidat ne reçoit le soutien d'une majorité des élus, de nouvelles élections devront être convoquées pour le printemps. Dans cette éventualité, Podemos s'efforce de conserver son image de parti antisystème et égalitaire, pour convaincre à nouveau les Espagnols après être arrivés en troisième position aux élections générales de décembre.