Espagne: Podemos et les socialistes vont voter contre l'investiture de Rajoy

latribune.fr

latribune.fr
Article publié le 20/12 à 20h16, dernière mise à jour le 21/12 à 14h44.
Les choses se compliquent encore pour le Parti Populaire (conservateur), vainqueur sans majorité des élections législatives de dimanche en Espagne. En effet, dès lundi, le Parti socialiste et le parti de gauche radicale Podemos ont annoncé sans surprise, qu'ils voteraient contre l'investiture d'un gouvernement espagnol formé par le conservateur sortant Mariano Rajoy (du Parti Populaire), compliquant sa reconduction.
"Podemos ne permettra d'aucune manière un gouvernement du PP", a de son côté déclaré Pablo Iglesias, dirigeant de cette formation de gauche radicale, arrivée troisième avec 20,6 % des voix et disposant avec ses alliés de 69 sièges à la chambre des députés.
Le parti libéral Ciudadanos ayant déjà annoncé qu'il s'abstiendrait, Mariano Rajoy n'aurait ainsi pas les voix pour être investi. En effet, la Constitution prévoit que le roi désigne, après consultations, un candidat chargé de former un cabinet qui doit ête investi par la chambre. Pour ce faire, il doit obtenir la majorité absolue des sièges, 176 sur 350. En cas d'échec, l'investiture est possible à la majorité simple, que Mariano Rajoy n'obtiendrait pas.
Avec ses 123 sièges et faute du soutien de Ciudadanos, le Parti Populaire serait forcément bloqué par PSOE et Podemos qui ont ensemble 159 sièges.
À l'issue du scrutin de dimanche, le PP a obtenu 123 sièges sur les 350 du Congrès des députés (la chambre basse des Cortes Generales, le Parlement espagnol), contre 90 pour les socialistes (PSOE), 69 pour le parti anti-austérité Podemos et ses partenaires et 40 pour les centristes de Ciudadanos. La majorité absolue se situe à 176 sièges: pour gouverner ces quatre prochaines années, le PP devra donc s'allier avec d'autres partis.
S'exprimant devant ses partisans après l'annonce des résultats, Mariano Rajoy avait déclaré qu'il allait tenter de former un gouvernement et qu'il faudrait poursuivre les réformes économiques. Il n'a pas caché que les jours à venir allaient être difficiles et que des alliances devraient être forgées.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

La Constitution espagnole ne prévoit pas de délai précis pour la formation d'un gouvernement après des élections, et plusieurs configurations sont possibles: un accord de centre droit entre le PP et Ciudadanos, un gouvernement PP minoritaire, mais aussi une alliance de centre gauche entre le PSOE et Podemos ou de nouvelles élections. Quant à la possibilité d'une grande coalition entre le PP et les socialistes, elle avait déjà été vigoureusement exclue par les deux partis lors de la campagne électorale.
À lire également
L'entrée spectaculaire de Podemos à la chambre basse fait quant à elle basculer l'équilibre des forces vers la gauche. "Le PP sera le premier à essayer de former une coalition mais le bloc de gauche à plus de chances parce qu'il additionne plus de sièges", a déclaré Ignacio Jurado, professeur de Sciences politiques à l'Université de York.
Pour Pablo Iglesias, de Podemos, le résultat de dimanche montre que le système politique bipartisan, en vigueur depuis la fin de la dictature franquiste il y a quarante ans, a vécu.
(Avec Reuters, AFP)
latribune.fr
La pérennisation du dispositif zéro chômeur longue durée à l’épreuve des contraintes budgétaires
Le big bang fiscal des économistes face au péril climatique et économique
« Le système international actuel est ploutocratique » : le scénario choc de Thomas Piketty pour une planète soutenable en 2100
🔴SpaceX, l'Australie contre les droits de douane de Trump, loi de programmation militaire... L'essentiel de l'actualité ce jeudi 4 juin