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ÉconomieUnion européenne

Espagne: Podemos et les socialistes vont voter contre l'investiture de Rajoy

Photo de Christine Lejoux

latribune.fr

Publié le 21 décembre 2015 à 13:44 - Mis à jour le 21 décembre 2015 à 14:57

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Le Parti populaire (conservateur) a remporté les élections législatives espagnoles de dimanche mais sans majorité, et ses divergences avec les deux partis de gauche entravent encore un peu plus la perspective d'une investiture de son président.

Article publié le 20/12 à 20h16, dernière mise à jour le 21/12 à 14h44.

Les choses se compliquent encore pour le Parti Populaire (conservateur), vainqueur sans majorité des élections législatives de dimanche en Espagne. En effet, dès lundi, le Parti socialiste et le parti de gauche radicale Podemos ont annoncé sans surprise, qu'ils voteraient contre l'investiture d'un gouvernement espagnol formé par le conservateur sortant Mariano Rajoy (du Parti Populaire), compliquant sa reconduction.

"Le PSOE va voter non au Parti populaire et à Rajoy", a déclaré le secrétaire d'organisation du Parti socialiste espagnol, Cesar Luena, deuxième force politique, avec 22% des suffrages et 90 sièges.

"Podemos ne permettra d'aucune manière un gouvernement du PP", a de son côté déclaré Pablo Iglesias, dirigeant de cette formation de gauche radicale, arrivée troisième avec 20,6 % des voix et disposant avec ses alliés de 69 sièges à la chambre des députés.

Le Parti Populaire en difficulté

Le parti libéral Ciudadanos ayant déjà annoncé qu'il s'abstiendrait, Mariano Rajoy n'aurait ainsi pas les voix pour être investi. En effet, la Constitution prévoit que le roi désigne, après consultations, un candidat chargé de former un cabinet qui doit ête investi par la chambre. Pour ce faire, il doit obtenir la majorité absolue des sièges, 176 sur 350. En cas d'échec, l'investiture est possible à la majorité simple, que Mariano Rajoy n'obtiendrait pas.

Avec ses 123 sièges et faute du soutien de Ciudadanos, le Parti Populaire serait forcément bloqué par PSOE et Podemos qui ont ensemble 159 sièges.

"La balle est dans le camp du PSOE. Il doit décider s'il s'abstient et permet la constitution d'un gouvernement (...) j'espère qu'ils prendront (cette) décision", avait déclaré auparavant Albert Rivera, le leader de Ciudadanos.

À l'issue du scrutin de dimanche, le PP a obtenu 123 sièges sur les 350 du Congrès des députés (la chambre basse des Cortes Generales, le Parlement espagnol), contre 90 pour les socialistes (PSOE), 69 pour le parti anti-austérité Podemos et ses partenaires et 40 pour les centristes de Ciudadanos. La majorité absolue se situe à 176 sièges: pour gouverner ces quatre prochaines années, le PP devra donc s'allier avec d'autres partis.

Plusieurs majorités possibles

S'exprimant devant ses partisans après l'annonce des résultats, Mariano Rajoy avait déclaré qu'il allait tenter de former un gouvernement et qu'il faudrait poursuivre les réformes économiques. Il n'a pas caché que les jours à venir allaient être difficiles et que des alliances devraient être forgées.

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La Constitution espagnole ne prévoit pas de délai précis pour la formation d'un gouvernement après des élections, et plusieurs configurations sont possibles: un accord de centre droit entre le PP et Ciudadanos, un gouvernement PP minoritaire, mais aussi une alliance de centre gauche entre le PSOE et Podemos ou de nouvelles élections. Quant à la possibilité d'une grande coalition entre le PP et les socialistes, elle avait déjà été vigoureusement exclue par les deux partis lors de la campagne électorale.

Le système politique bipartisan mis en cause

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L'entrée spectaculaire de Podemos à la chambre basse fait quant à elle basculer l'équilibre des forces vers la gauche. "Le PP sera le premier à essayer de former une coalition mais le bloc de gauche à plus de chances parce qu'il additionne plus de sièges", a déclaré  Ignacio Jurado, professeur de Sciences politiques à l'Université de York.

Pour Pablo Iglesias, de Podemos, le résultat de dimanche montre que le système politique bipartisan, en vigueur depuis la fin de la dictature franquiste il y a quarante ans, a vécu.

"Aujourd'hui est un jour historique pour l'Espagne (...). Nous entamons une nouvelle ère politique dans notre pays", s'est-il réjoui devant ses partisans: "L'Espagne ne sera plus jamais la même".

(Avec Reuters, AFP)

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