Les banques rappelées à l'ordre par le Conseil de stabilité financière

Par Christine Lejoux  |   |  485  mots
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Le Conseil de stabilité financière estime que la crise économique n'est pas une excuse pour prendre du retard dans la mise en place des réformes bancaires.

Pas d'excuse. Pour Tiff Macklem, le premier sous-gouverneur de la Banque du Canada, par ailleurs chargé de l'application des réformes bancaires au sein du Conseil de stabilité financière (FSB pour Financial Stability Board), les banques doivent coûte que coûte appliquer dans les délais les réglementations décidées en 2010. Il y a en effet bientôt deux ans que le FSB a vu le jour, porté sur les fonds baptismaux par le G20 afin de mieux réguler le secteur bancaire pour tenter d'éviter une réplique de la crise financière de 2008. Or nombre de banques traînent la patte, arguant que le renforcement de la régulation du secteur est difficilement compatible avec la  crise économique actuelle, qui nécessite plus que jamais que les banques financent les ménages et les entreprises.

 La nécessité de rendre le système financier plus sûr est vitale

Mais Tiff Macklem, qui s'exprimait mardi à Toronto (Canada) devant le Rotman Institute for international business, ne veut rien entendre. Tout en reconnaissant que l'économie mondiale est "effectivement sous-performante", il a martelé que  "les difficultés actuelles ne constituent pas une excuse pour prendre du retard. Bien au contraire. Dans un monde où le risque est élevé, la nécessité de rendre le système financier plus sûr et de restaurer la confiance est vitale."

La Chine et les Etats-Unis n'en sont encore qu'à la mise en application de Bâle 2

Pour le premier sous-gouverneur de la Banque du Canada, l'enjeu le plus important et le plus urgent est la mise en application de la réglementation dite de Bâle III, relative au renforcement des fonds propres des banques. Bon gré mal gré, les principaux établissements bancaires européens satisfairont aux critères de Bâle III dès le 30 juin prochain, puisque, dans le cadre du plan de sauvetage de la Grèce, l'Autorité bancaire européenne exige d'eux qu'ils affichent à la fin juin un ratio de fonds propres durs de 9% au moins. Alors que des pays comme la Chine et les Etats-Unis n'en sont encore qu'à la mise en application des précédentes normes de Bâle 2, dont la publication date de... 2004. Fin octobre, le Comité de Bâle avait indiqué que, sur les 27 pays qui s'étaient engagés en 2010 à transposer dans le droit national la future réglementation de Bâle III, onze seulement l'avaient fait.

Les banques systémiques à l'échelle nationale en ligne de mire

Tiff Macklem a enfoncé le clou en annonçant que le FSB était en train d'identifier les banques qui ne présentent pas un risque systémique à l'échelle mondiale mais qui pourraient s'avérer systémiques au niveau national et, partant, être soumises elles aussi à un durcissement de la réglementation en matière de fonds propres. Histoire de ne pas faire de jaloux...