Quand Airbus maîtrise sa communication sur les déboires de Boeing

Par Michel Cabirol  |   |  451  mots
Le PDG d'Airbus, Fabrice Brégier Copyright Reuters
Jeudi lors de la présentation des résultats commerciaux d'Airbus, l'équipe dirigeante de l'avionneur européen a été très profil bas sur les déboires du Boeing 787. Résultat, la presse a salué la solidarité entre les deux constructeurs.

Quand Airbus maîtrise sa communication sur les déboires de Boeing... il a tout à y gagner. Dans cet exercice, le PDG d'Airbus, Fabrice Brégier, a été bon jeudi lors la présentation du bilan commercial de l'avionneur européen. Surtout quand il a fallu évoquer les déboires de son rival Boeing sur le B787 face à de nombreux journalistes internationaux, dont beaucoup d'Américains. Pas d'ironie, pas de chausse-trappe. "Je souhaite le meilleur à notre collègue. Un avion est conçu pour voler (...) Je ne parie pas sur les difficultés d'un concurrent, a-t-il fait valoir. On espère que cet avion va revoler bientôt car nous aimons bien la compétition et on est bien placés par rapport à Boeing et au 787".

Un exercice de communication parfaitement maîtrisé pour Fabrice Brégier, toujours conseillé par l'influente Anne Méaux (Image 7). Même le directeur commercial d'Airbus, John Leahy, lui d'habitude si féroce avec Boeing, a été indulgent avec son rival. "Boeing sait faire un avion et je n'ai aucun doute sur le fait qu'ils sauront résoudre le problème, a-t-il expliqué. Bref la stratégie d'Airbus "low profil" (profil bas) vis-à-vis des déboires de Boeing a été maîtrisée durant toute la journée de jeudi. Et la presse s'est empressée de saluer la solidarité entre les deux avionneurs sur les problèmes d'architecture électrique.

Une stratégie différente de Boeing

Sans faire sauter les bouchons de champagne à Toulouse ou ailleurs chez Airbus, où l'on reste prudent au regard du développement à risques de l'A350, les déboires de Boeing sont en réalité une belle opportunité pour Airbus de combler tout ou partie de son retard vis-à-vis du B787, qui a été mis en service il y a un peu plus d'un an, selon le temps que l'avionneur américain mettra à résoudre les problèmes techniques du 787. L'A350, qui doit voler pour la première fois fin mai, début juin, arrivera quant à lui sur le marché mi-2014.

Et surtout Airbus, sans trop le claironner mais tout en le disant, a toutefois rappelé sa stratégie plus conservatrice en matière d'innovations technologiques avec l'A350. "Le fait de lancer l'A350 plus tard, en partant d'une feuille blanche, nous a fait mettre moins de charge électrique sur les batteries de l'appareil, sur les conseils de nos ingénieurs. Et je crois que notre approche est la meilleure en termes de compétitivité", a expliqué John Leahy. Même discours de Fabrice Brégier : "nous sommes confiants sur la robustesse du design de la batterie et de l'architecture électrique de l'A350, qui est différente de celle du 787".