Airbus perd son leadership en 2012... mais affiche un carnet de commandes vertigineux

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Le PDG d'Airbus, Fabrice Brégier Copyright Reuters
Le PDG d'Airbus, Fabrice Brégier Copyright Reuters (Crédits : BLOOMBERG NEWS)
2012 aura-t-elle été une bonne ou une mauvaise année pour Airbus ? Bien sûr le constructeur européen a perdu son leadership l'an dernier face à Boeing mais il affiche des fondamentaux très solides. Il a livré 10 % d'avions supplémentaires l'an dernier et a vendu plus de 900 appareils. Surtout son carnet de commandes s'élève en valeur à 638 milliards d'euros.

Airbus a perdu en 2012 son leadership face à Boeing... mais a eu une très belle année. En termes de livraisons, l'avionneur toulousain a atteint un nouveau record avec de 588 appareils livrés à 89 clients (dont 17 nouveaux), dont 455 monocouloirs (421 en 2011), 103 gros porteurs (contre 87) et 30 A380 (contre 26). Soit 54 appareils de plus qu'en 2011 (10 %). Cela fait onze ans que le constructeur européen affiche une hausse de ces livraisons. Et cela devrait se poursuivre en 2013. Il compte livrer l'année prochaine plus de 600 avions. En outre, Airbus a dépassé son objectif initial de 650 commandes, en obtenant de 914 commandes brutes (833 après le décompte des annulations, soit 96 milliards d'euros). Ce chiffre comprend 305 A320 classique, 478 A320 NEO, 82 A330/A340, 40 A350 XWB et neuf A380. Le carnet de commandes d'Airbus constitue un nouveau record pour l'industrie dans son ensemble, totalisant 4.682 appareils d'une valeur estimée à plus de 638 milliards de dollars. Des chiffres vertigineux. Airbus vise 700 commandes brutes en 2013. 

Une part de marché de 41 %

La part de marché mondiale d'Airbus en termes de valeur pour 2012 s'élève à 41,5 % (commandes nettes). Les commandes nettes totalisent 833 appareils, d'une valeur estimée à 96 milliards de dollars. Avec 739 appareils de la famille A320 commandés, Airbus franchit la barre des 9.000 commandes de monocouloirs. Sur ce total, 478 sont des A320 NEO, confirmant ainsi la domination du marché par cet appareil (plus de 62 % depuis son lancement). Sur le marché des gros-porteurs, 58 A330 et 27 A350 XWB ont été commandés. "L'A350-1000 a reçu des signes forts de confiance de la part de compagnies aériennes majeures qui ont passé d'importantes commandes de conversions pour des appareils de capacité supérieures", a expliqué Airbus dans un communiqué. Sur le segment des avions de très grande capacité, Airbus a engrangé 9 commandes sur 10, "démontrant ainsi la préférence du marché pour l'A380", assure l'avionneur européen.

Des prix en hausse de 3,6 %

Airbus a augmenté ses prix de ses appareils de 3,6 % en moyenne (prix catalogue). Ces nouveeaux prix sont en vigueur depuis le 1er janvier. "Cette augmentation de 3,6 % a été calculée selon la formule standard d'indexation d'Airbus au cours de la période allant de janvier 2012 à janvier 2013", a expliqué Airbus. "Nos nouveaux prix reflètent la valeur de nos appareils avancés et économes en carburant, a estimé le patron des ventes d'Airbus, John Leahy. Nos produits aident nos clients à réduire largement leurs coûts d'exploitation et leur empreinte environnementale". 

Et revoici déjà le retour des exigences allemandes

Chasser le naturel, il revient au galop. Plus d'un mois seulement après le changement de gouvernance chez EADS, la maison mère d'Airbus, Berlin veut peser sur les décisions de l'avionneur européen. L'Allemagne souhaite notamment que sa voix se fasse davantage entendre lors de la définition des futurs projets d'Airbus a déclaré mercredi le ministre de l'Economie Philipp Rössler, s'exprimant plus d'un mois après que Berlin est entré pour la première fois directement au capital d'EADS, la maison mère de l'avionneur. "Le gouvernement s'est fixé comme objectif de voir l'industrie aéronautique allemande prendre un rôle moteur dans les prochains programmes d'Airbus", a-t-il expliqué. Début décembre, EADS a annoncé une profonde réorganisation de son actionnariat, permettant à l'Allemagne d'entrer au capital du groupe et aux Etats de réduire leur participation cumulée, même s'ils entendent conserver une influence.

L'Allemagne voudrait que sur les plus importants projets d'Airbus ne soint pas uniquement installés à Toulouse. "Le programme portant sur la succession de la famille A320 est tout particulièrement important pour les sites allemands. Même si ce programme n'est prévu que pour la prochaine décennie, il faut déjà en fixer les conditions aujourd'hui, aussi bien chez Airbus que chez les fournisseurs", souligne dans un communiqué Philipp Rössler. Le PDG d'Airbus, Fabrice Brégier, a estimé ces revendications "légitimes" d'un point de vue allemand. "C'est normal que le gouvernement allemand défende les emplois en Allemagne, a-t-il expliqué. Mais la stratégie d'Airbus ne va pas coller e à 100 % par rapport à ces aspirations".

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Commentaires
a écrit le 19/01/2013 à 12:21 :
Qu il est dommage qu'un gouvernement s'exprime de la sorte. Vouloir défendre ses intérêts au niveau des emplois ok, mais vouloir absolument que le leadership soit allemand,...c'est à l'opposée de la vision Airbus....Eh oui, pense à Airbus, on pense
Toulouse....et non Hambourg ou Munich.....
a écrit le 18/01/2013 à 5:27 :
On sait bien que l'allemagne veut faire un take over de manipulation interne politique de la totalite de la direction d'Airbus comme un o.p.a.Mais pour fabrice breguier doit avant tout securiser la tutelle independance francaise d'un point de vue assets financiers pour pouvoir avoir sa voix validee dans le conseil directoire.Malgre tout la politique de direction ne depend pas du directoire en lui meme mais du succes de marketting et de la recherche de projection des projets dans un monde de competition sans merci.De cette politique de decision majeur font que la compagnie aura son succes ou pas et non pas le cote totalitarisme fonctionnaire de controle outrancier des leviers de decision obtus.Il faut faire confiance a Breguier et juger la valeur des hommes sur leur actif de gestion de responsabilite..
a écrit le 17/01/2013 à 15:09 :
Le supposé hégémonisme allemand a quelque chose d'insupportable sur le fond et dans la forme. c'est comme pour l'EUROPE et l'EURO ; on veut tout mais sans donner l'impression de réclamer.
Réponse de le 17/01/2013 à 16:27 :
Non non. Ils ne donnent pas...
a écrit le 17/01/2013 à 14:31 :
Evidemment nos partenaires Allemands pensent a l'apres A320, avancent leurs pions et voudraient déjà negocier plus de job en Allemagne mais ils oublient volontairement que Major Tom a ouvert une chaine a Mobile aux USA donc il faudra apprendre a partager...

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