La foire aux vins rapporte gros aux distributeurs

Par Mounia Van de Casteele  |   |  508  mots
Pendant la foire aux vins, ce sont les Bordeaux qui ont le plus de succès, suivis par les vins de Bourgogne et ceux de la vallée du Rhône. (Crédits : reuters.com)
L'initiative lancée dans un magasin Leclerc en 1973 est désormais devenue incontournable pour la Grande distribution, qui voit chaque année son CA grimper en flèche sur la période.

Impossible d'y échapper. Coups de coeur à tire-larigot, promotions et étiquettes fluorescentes à gogo, dans les supermarchés, chez les cavistes et sur Internet, la foire aux vins bat assurément son plein. Bien inspiré fut le propriétaire breton d'un supermarché E.Leclerc qui lança la première en 1973, comme le rappelle le site de Vin & Société qui rassemble 500.000 professionnels du secteur. L'initiative est depuis devenue une tradition, que l'on retrouve aussi bien chez Leclerc que Carrefour en passant par Auchan, Monoprix, ou encore Dia et Lidl.

Chaque année, cette période de promotions s'étale entre la fin du mois d'août et début octobre. Mais gare aux apparentes "bonnes affaires", qui parfois n'en sont pas. En cas de doute, La Revue du vin de France fait office de bible en la matière. Surtout, la foire aux vins est avant tout pour les enseignes une formidable occasion de stimuler leur chiffre d'affaires (CA). Exemple significatif : le CA du mois de septembre 2014 de Repaire de Bacchus affichait une hausse de 42 % par rapport au mois moyen. À Monoprix, la foire aux vins représente 20 % des ventes annuelles, contre 16 % pour Leclerc et 12 % pour Carrefour, qui dit livrer 18 millions de bouteilles pour l'occasion. Carrefour France serait d'ailleurs le plus grand gagnant de la partie avec un CA global (toutes enseignes confondues) de 101 millions d'euros sur la période en 2014, assure le groupe, contre 89 millions pour Leclerc, et 67 millions pour Intermarché, d'après les chiffres du magazine LSA.

420 millions d'euros de CA sur la période

Au total, la période du 8 septembre au 5 octobre 2014, couvrant une grande partie des foires aux vins pour la grande distribution, a permis d'écouler près de 850 milliers d'hectolitres pour un CA de 420 millions d'euros, d'après FranceAgrimer. Les ventes de vins tranquilles y ont représenté 8,7 % du volume et 10 % de la valeur totale annuelle des ventes. Les vins rouges tiennent le haut du pavé avec 485 mhl vendus (contre 368 mhl en moyenne sur une même période), soit 9 % des ventes. Ce sont les Bordeaux qui ont le plus de succès, suivis par les vins de Bourgogne et ceux de la vallée du Rhône. Quant aux blancs, 9 % des ventes annuelles ont aussi été effectuées sur la période (11 % en période de fêtes de fin d'année), contre 7 % pour les rosés.

Bref, le vin est indéniablement la vedette du moment dans les rayons. Et il n'est pas sans inspirer bon nombre d'entrepreneurs français, à en juger par le nombre de startups qui fleurissent chaque mois aux quatre coins de l'Hexagone : applications pour mobile, envois mensuels de coffrets à domicile, virées oenotouristiques... "On constate une vraie dynamique à tous les niveaux", confirme Arnaud Daphy, consultant en marketing spécialisé dans la filière vin. "Le vin a changé de statut ces vingt dernières années. Il est passé de "boisson aliment" comme le pain à une "boisson culturelle", d'où cette profusion de projets afin d'apprendre à consommer de façon plus sophistiquée", analyse-t-il. Avis aux amateurs...