General Electric annonce 765 suppressions d'emplois en France

Par latribune.fr  |   |  643  mots
General Electric réduit la voilure en raison d'un contexte énergétique déprimé. (Crédits : © Benoit Tessier / Reuters)
Quelques mois à peine après la reprise d'Alstom, le groupe américain annonce une restructuration de ses activités énergie en Europe avec 6.500 suppressions d'emplois, dont 765 en France. Le groupe indique toutefois qu'il respectera son engagement de création de 1.000 emplois nets en France.

Article publié à 11h25, mis à jour à 14h05

Le conglomérat américain General Electric (GE) a annoncé mercredi à l'AFP qu'il allait supprimer 6.500 emplois en Europe, dont 765 en France, dans les activités énergie d'Alstom dont il a finalisé le rachat en novembre 2015, confirmant partiellement une information de L'Est Républicain.

"Le plan de restructuration va toucher plusieurs pays européens et impacter potentiellement 6.500 emplois sur 35.000. En France, 765 personnes seront impactées, sur un peu moins de 9.000, essentiellement au siège de Levallois et dans les activités grid (réseaux électriques, NDLR)", a déclaré un porte-parole de GE.

L'objectif de création de 1.000 emplois nets maintenu

"En France, le site de Belfort ne sera pas touché, ni les activités dans les énergies renouvelables", a précisé le porte-parole, insistant sur le fait que le groupe maintenait son engagement de créer au final 1.000 emplois nets dans l'Hexagone.

Dans le pays, "les consultations avec les comités d'entreprise démarrent aujourd'hui et le processus s'étendra sur deux ans. Nous avons pris des engagements de reclassement et les suppressions de postes se feront essentiellement par départs volontaires", a-t-il précisé.

Un contexte énergétique déprimé

Des pays non européens seront également touchés par cette restructuration, que General Electric justifie par un contexte énergétique déprimé, mais le groupe n'a pas confirmé le chiffre de 10.000 suppressions de postes dans le monde avancé par le quotidien L'Est Républicain.

"Sur le long terme, nous restons persuadés que le mariage de GE et d'Alstom nous rendra plus forts pour aborder ce marché", a assuré le porte-parole.

La CGT doute de la bonne foi de GE

Réagissant à cette annonce, les syndicats CGT et CFE-CGC du pôle énergie d'Alstom ont dénoncé mercredi "un plan de licenciements boursiers". Pour Laurent Santoire (CGT), il ne s'agit en effet que d'"augmenter la valeur de l'action General Electric".

Le plan "marque la première étape du démantèlement des activités Alstom énergie en France et en Europe", affirme le syndicaliste, persuadé qu'il s'agit de "toiletter la mariée" avant de "revendre les activités qui n'atteindront pas une rentabilité de 16%".

"Le gouvernement français n'a pas verrouillé le devenir d'Alstom et donc le devenir de la filière énergétique", accuse la CGT. "Est-ce qu'il est pertinent qu'un groupe aussi riche qui dit s'engager dans l'industrie, ait comme seul acte un plan de restructuration? Où est le plan d'investissement?" demande Laurent Santoire.

La CGT doute en effet que l'engagement de créer 1.000 emplois nets en France sur trois ans sera tenu et fustige un "habillage" de créations "via de l'internalisation de sous-traitance et du rapatriement d'activités d'autres pays européens". Selon la CGT, les organisations syndicales réunies mardi en Comité de groupe européen ont saisi collectivement le syndicat européen Industriall.

"Le gouvernement français est comptable et sera comptable"

Quant au gouvernement français, il a assuré suivre de près le dossier.  "Le gouvernement français est comptable et sera comptable (...) de l'engagement qui a été pris par General Electric", a souligné son porte-parole Stéphane Le Foll, précisant qu'il s'en était entretenu avec le ministre de l'Economie Emmanuel Macron dans la matinée en marge du Conseil des ministres. Stéphane Le Foll a rappelé que le conglomérat américain s'était engagé auprès du gouvernement français à créer "1.000 emplois" dont "250 emplois d'ingénieurs, la formation de 200 jeunes, 310 hautement qualifiés pour Belfort et 240 postes au niveau de la recherche".

"Ce qui nous importe et ce qui va être le rôle du ministère de l'Economie, c'est de faire respecter les 1.000 créations de postes qui étaient prévues dans l'accord signé avec le gouvernement français" au moment du rachat des activités énergie d'Alstom, a-t-il insisté.