Grand Paris Express : les cinq propositions à retenir du rapport Carrez

Par César Armand  |   |  469  mots
Gilles Carrez propose de « clarifier les enjeux techniques, opérationnels et économiques » liés à l'exploitation du Grand Paris Express. (Crédits : DR)
Ce qu'il faut retenir du rapport sur le Grand Paris Express, remis par le député (LR) du Val-de-Marne Gilles Carrez ce 6 septembre au Premier ministre Édouard Philippe.

« La soutenabilité du modèle économique est remise en question ». Dès l'introduction de son rapport sur les ressources du Grand Paris Express, Gilles Carrez, député (LR) du Val-de-Marne, pose le cadre. La Société du Grand Paris (SGP), dont le coût initial était estimé à 25 milliards d'euros, devrait déraper à 35 milliards d'euros. C'est pourquoi le gouvernement a chargé avant l'été le parlementaire - qui avait commandé un audit de la Cour des comptes lorsqu'il était président de la commission des finances -, de trouver des propositions.

Parmi celles-ci, Gilles Carrez propose de « clarifier les enjeux techniques, opérationnels et économiques liés à l'exploitation du Grand Paris Express et d'anticiper les besoins de financement associés en distinguant le modèle économique de l'investissement porté par la SGP et celui de l'exploitation, qui devra être assuré par l'autorité organisatrice (Île-de-France Mobilités, ndlr). »

Le député recommande également de « doter la SGP d'une organisation propre à assurer la maîtrise du coût de 35 milliards d'euros en phase d'exécution, en concentrant et renforçant ses moyens sur sa mission prioritaire de maître d'ouvrage. » De même, il préconise de « garantir la transparence de la SGP sur les coûts du projet vis-à-vis du conseil de surveillance en développant notamment les outils de suivi afin d'anticiper tout risque de dérive au plus tôt. »

À ce sujet, ledit conseil de surveillance de la Société du Grand Paris, qui s'est réuni ce 7 septembre, a élu comme président Patrick Braouezec, président (PCF) de l'établissement public territorial Plaine Commune. Malgré la fronde des sept présidents des départements franciliens qui ont refusé de participer au vote pour protester contre la surreprésentation de l'État au sein de cette instance, l'élu local succède à l'ex-maire (PS) de Cachan, Jean-Yves Le Bouillonnec, démissionnaire en mars dernier.

Autres pistes soumises par Gilles Carrez au Premier ministre Édouard Philippe et à sa ministre des Transports Élisabeth Borne :
« Renforcer dès 2019 le panier de recettes affectées à la SGP sur un financement exclusivement francilien et à iso-fiscalité afin d'assurer la soutenabilité du modèle économique à horizon 2070 [et] créer dans la loi un plafond cumulé d'emprunt de 35 milliards d'euros par la SGP. »

Cette idée de financement exclusivement francilien ne passe pas du tout auprès des entreprises de la région Île-de-France qui contribuent déjà à hauteur de 500 millions d'euros de taxes par an. Dans un communiqué, Éric Berger, président du Medef francilien, déclare que « les entreprises franciliennes ne peuvent servir de variables d'ajustement aux dérapages budgétaires quels qu'ils soient ».

Le dernier mot reviendra quoiqu'il en soit au gouvernement dès lors qu'il s'agira de rédiger le projet de loi finances 2019 et d'y inclure, ou non, ces recommandations.