TGV Ouigo à Paris : la SNCF va passer à la vitesse supérieure

Par Fabrice Gliszczynski  |   |  615  mots
A horizon 2020, Ouigo devrait représenter, selon les plans de la direction, 17% de l'offre TGV.
Après avoir lancé Ouigo au départ de la gare Monparnasse le 10 décembre dernier, la SNCF positionnera ses TGV low-cost au départ de la gare de Lyon et de la gare de l'Est fin 2018.

Un mois après les grands débuts de Ouigo au départ de la gare Montparnasse, la SNCF prévoit déjà de lancer son offre de TGV à bas prix au départ de deux autres gares parisiennes fin 2018. Le président du directoire du groupe SNCF et PDG de SNCF Mobilité l'a annoncé ce lundi lors de la présentation de ses vœux à la presse, sans préciser les gares qui accueilleront Ouigo. Selon l'un de ses proches néanmoins, il s'agira de la gare de Lyon et de la gare de l'Est. Ouigo devant obligatoirement se positionner sur des axes à gros flux de trafic pour remplir ses rames de 1.200 sièges, des villes comme Strasbourg, Lyon, Marseille ou Montpellier devraient donc être desservies par Ouigo au départ de Paris. Aujourd'hui Ouigo commercialise ses billets au départ de Paris à 16 euros pour les adultes l'aller simple, au lieu de 10 euros au départ des gares en départ des gares situées en périphérie de la capitale comme Marne-la-Vallée, Massy et l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, et un tarif fixe de 8 euros pour les enfants, au lieu de 5 euros.

Cannibalisation?

Ce développement à Paris va nécessairement cannibaliser les TGV classiques à Paris et va également toucher la partie des voyageurs parisiens qui se rendaient dans les gares périphériques pour prendre Ouigo. La SNCF assume. Pour l'heure, un passager sur deux de Ouigo n'aurait pas voyagé en TGV sans Ouigo, a rappelé Rachel Picard, la directrice générale de Voyages SNCF, qui met en avant la différence de modèle industriel et d'offre avec le TGV classique.

« Ouigo permet de mieux segmenter l'offre car celle-ci est différente. Cela permet donc d'aller chercher des clientèles différentes. Ouigo est moins dangereux qu'une offre IDTGV que nous avons arrêtée, dont les rames et les horaires étaient similaires à ceux du TGV classiques mais avec un prix nettement plus bas », a-t-elle fait valoir.

Pour l'heure, le développement de Ouigo n'entraîne pas une baisse de l'offre du TGV classique (TGV inOui). Au contraire, celle-ci augmente également.

Selon les estimations de la SNCF, cette offre parisienne permettra à Ouigo de doubler son trafic l'an prochain, à 14 millions de passagers. De quoi permettre de tenir l'objectif d'atteindre les 25 millions de passagers en 2020, ce qui représenterait un quart des passagers TGV de la SNCF à cet horizon-là.

Aujourd'hui, le développement de Ouigo contribue fortement à la hausse de 10% du trafic TGV constatée en 2017. « Le TGV a enregistré 7 millions de passagers supplémentaires l'an dernier, dont 3,5 millions pour Ouigo », a indiqué Guillaume Pepy, en ajoutant que « le tain était de retour ». Des chiffres qui diffèrent de ceux communiqués en décembre dernier qui faisaient état d'un gain de 8 millions de passagers de janvier à fin octobre dont 2 millions pour Ouigo.

Baisse des prix

Peu importe. Le TGV profite de la reprise économique et de sa politique de petits prix (le chiffre d'affaires a augmenté de 9%, un rythme inférieur à celui du trafic).

« C'est la troisième année consécutive de baisse de prix », a insisté Rachel Picard, en précisant que la dernière hausse de prix remontait à 2011.

Résultat, le coefficient d'occupation a grimpé de 5 points et le nombre de « TGV pleins » a doublé pour représenter 20% des trains.

La SNCF entend attirer 15 millions de nouveaux voyageurs dans ses TGV d'ici à 2020. Et Ouigo aura une part prépondérante dans cette progression. Le nombre de rames Ouigo est appelé à tripler d'ici à trois ans, en passant de 12 rames aujourd'hui à 35 en 2020. A cet horizon, Ouigo devrait représenter, selon les plans de la direction, 17% de l'offre TGV.