Pékin refuse que les ambassades étrangères surveillent sa pollution

Par Dominique Pialot  |   |  450  mots
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Ce mardi, le ministre chinois de l'environnement a déclaré contraires à la loi les mesures de la qualité de l'air et surtout leur publication sur Internet pratiquées notamment par l'ambassade des Etats-Unis en Chine.

Un représentant du gouvernement chinois a exigé mardi que les ambassades étrangères présentes à Pékin cessent la publication de relevés de qualité de l'air. Ils estiment en effet cette pratique contraire à la loi et aux conventions diplomatiques. L'ambassade américaine est tout particulièrement visée.

Le niveau de pollution varie à Pékin considérablement, notamment en fonction du vent, mais la capitale chinoises étouffe régulièrement sous les gaz d'échappement, la poussière et d'autres émissions toxiques.

La plupart des habitants estiment que le « légèrement pollué » des communiqués officiels sont une grossière sous-estimation de la réalité.
Grâce à un système de mesure installé sur son toit, l'ambassade des Etats-Unis Pékin, tout comme les consulats de Shanghai et Canton, publie heure par heure des relevés massivement suivis grâce à un fil Twitter.

Des pratiques contraires à la convention de Vienne

Devant des résultats parfois très éloignés des communiqués officiels, et alors que le gouvernement a durci les règles de pollution en janvier dernier, les Chinois qualifient de "non scientifique" la méthode de mesure employée par l'ambassade américaine.

Mais ce mardi, le ministre délégué à l'environnement est allé plus loin encore en qualifiant ces communiqués d'illégaux, sans toutefois citer directement les Etats-Unis. Il s'en est référé lors d'une conférence de presse à la Convention de Vienne exigeant le respect des lois locales et interdisant l'ingérence dans les affaires intérieures.

Dans la mesure où ces informations sont d'intérêt public, Pékin estime qu'il lui revient de les communiquer. Libre aux ambassades de les mesurer pour en informer leur personnel, mais pas de les diffuser publiquement, surtout pas par Internet.

Bientôt un marché du carbone domestique

L'Ambassade américaine a reconnu que son unique point de mesure n'avait pas prétention à être scientifiquement représentatif du niveau de pollution de la ville, le ministre chinois reconnaissant de son côté un réel problème de pollution. Un problème qui dépasse d'ailleurs celui de la qualité de l'air, mais concerne aussi, notamment, l'eau des rivières.

Les organisations environnementales reprochent à Pékin de « noyer le poisson » en attaquant les Etats-Unis, plutôt que de prendre le problème à bras le corps.

Dans le même temps, Pékin, qui prévoit la mise en ?uvre d'un marché interne du carbone, multiplie les contacts avec des représentants de l'Union européenne. Bruxelles pourrait en effet exempter les compagnies aériennes chinoises dans le marché européen du carbone (ETS), à condition que Pékin mette en place un système similaire.