Auto : la LOA va-t-elle ringardiser le crédit conso ?

Par Hugo Baudino  |   |  419  mots
Séduits par la possibilité de changer fréquemment de voiture, les Français se tournent de plus en plus vers la LOA. (Crédits : © Kim Kyung Hoon / Reuters)
Près de deux tiers des acquisitions de voitures depuis le début de l’année 2016 se sont faites via la location avec option d’achat. Que signifie l’attrait grandissant des automobilistes français pour cette forme de leasing ?

Les Français ont-ils de moins en moins envie d'être propriétaire de la voiture qu'ils conduisent tous les jours ? Ils semblent en tout cas de plus en plus enclins à se tourner vers des modes d'acquisition alternatifs. Ainsi, la location avec option d'achat (LOA) a de plus en plus la cote, comme on peut le voir dans les statistiques mensuelles du crédit à la consommation publiées par l'Association des sociétés financières : la LOA pour l'automobile est en progression de 34,9% sur les sept premier mois de l'année et de 11,3% sur un an (juillet 2015 / juillet 2016). Cette hausse se fait directement au détriment du crédit affecté, en chute de 21,6% depuis le début de l'année pour les voitures neuves et de 2,7% pour les voitures d'occasion.

Au-delà des variations, les statistiques en matière de volume et de proportions sont tout aussi édifiantes : la LOA a représenté 432 millions d'euros en juillet 2016, contre 204 millions d'euros pour les crédits affectés à l'achat de voiture neuve, et 64,7% des opérations réalisées durant les sept premiers mois de l'année.

"Un changement de mentalité"

"Cette tendance est aussi révélatrice d'un changement de mentalité : posséder sa voiture n'a plus la même signification, c'est devenu moins une fin en soi." Par ces mots, Cécile Roquelaure, directrice communication et études d'Empruntis, confirme donc l'impression d'un délaissement de l'achat classique. Pourtant, comme le rappelle le courtier dans son communiqué du 27 septembre, le crédit affecté classique reste moins cher que la LOA (voir exemple ci-dessous) dans la plupart des cas.

Dans l'exemple utilisé par Empruntis, l'achat d'une fiat 500C, la LOA sur 48 mois avec une formule à 14000 kilomètres par an revient plus cher qu'un crédit conso de même durée dans deux situations : en cas d'achat de la voiture à la fin de la période et si la valeur de revente au moment de la restitution est supérieur à 2.800 euros. Comme il y a peu de chance qu'une Fiat 500 C descende sous les 2.800 euros en seulement 4 ans, seule situation où la LOA est moins chère, le crédit conso reste donc globalement gagnant dans ce duel.

La LOA arrive donc à convaincre les automobilistes sur d'autres critères que le prix. Cette formule et le leasing en général sont par essence destinés à pouvoir changer de voiture fréquemment. Ainsi, le client "profite des dernières innovations de l'industrie automobile en toute simplicité", résume Cécile Roquelaure.