La politique du médicament sera remaniée "en profondeur", promet le chef de l'Etat

Par latribune.fr  |   |  269  mots
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Nicolas Sarkozy a promis ce jeudi une refonte "en profondeur" de la politique française du médicament, à la suite de l'affaire du Mediator, accusé d'être responsable d'au moins 500 morts.

Une refonte "en profondeur" de la politique française du médicament, à la suite de l'affaire du Mediator, accusé d'être responsable d'au moins 500 morts, sera effectuée, a promis ce jeudi le chef de l'Etat. Il a précisé devant plusieurs centaines de représentants du monde de la santé rassemblés à Châtillon-sur-Indre, dans le centre de la France, que des décisions seraient prises dès la mi-2011.

"Il faut tirer toutes les leçons de ce dossier", a déclaré le président lors de ses voeux aux personnels de santé. "Nous allons donc engager une démarche de refondation en profondeur de notre politique du médicament."

Il a expliqué qu'il fallait "resserrer les mailles du filet" du système de pharmacovigilance "au travers de procédures plus réactives et d'autorités publiques plus efficaces", une réponse à la mise en cause de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) dans l'affaire du Mediator.

Il a également dit vouloir renforcer la "garantie absolue d'indépendance, de transparence et d'impartialité" des décisions sur les médicaments et aider les prescripteurs face à la double pression des patients et des laboratoires pharmaceutiques.

Tous les secteurs concernés - patients, prescripteurs, autorités de régulation, industriels, experts - seront associés à cette démarche, a-t-il ajouté.

Le Mediator, antidiabétique prescrit comme coupe-faim fabriqué par le laboratoire Servier, est accusé selon les évaluations d'avoir causé en France 500 à 2.000 morts avant d'être retiré du marché en 2009, longtemps après d'autres pays occidentaux et est au coeur de multiples procédures judiciaires.