La France des plans sociaux

Par Isabelle Moreau et Fabien Piliu  |   |  369  mots
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Madrange, Ossabois, LyondellBasell, Chomarat Textiles Industries, Mont Tauch... Tous les salariés de ces entreprises ont en commun de vivre la dure réalité des plans sociaux. La Tribune a fait un tour d'horizon des restructurations d'entreprises en France avant le "sommet de crise" organisé à l'Élysée.

Avec ce « sommet de crise » organisé ce mercredi à l'Élysée, Nicolas Sarkozy abat l'une de ses dernières cartes avant le premier tour de la présidentielle. L'objectif de ce rendez-vous est ambitieux : à court terme, il s'agit de faire baisser le nombre de demandeurs d'emploi avec des mesures d'urgence portant sur le chômage partiel, les moyens de Pôle emploi. À plus long terme, de restaurer la compétitivité de l'industrie tricolore en allégeant le coût du travail, via la TVA sociale et des accords de compétitivité (lire aussi les points de vue de ce jour). Alors que la plupart des candidats ont fait du « made in France » l'un des thèmes majeurs de leur campagne, que les délocalisations sauvages ou programmées se multiplient, le prochain candidat Sarkozy veut montrer ainsi qu'il agira jusqu'au bout de son mandat.

L'urgence est d'autant plus grande que la dégradation par S&P de la note de la France inquiète l'opinion. Après avoir collecté les propositions des partenaires sociaux, l'Élysée veut donc aboutir à des propositions précises, que le chef de l'État pourrait annoncer aux Français le 29 janvier. En effet, l'emploi et le social seront décisifs dans l'élection à venir. Le risque de voir les plans sociaux se multiplier est considérable. Selon la société d'études Altares, le nombre des défaillances de PME de plus de 50 salariés a augmenté de 10 % entre 2010 et 2011. Sur un an, il a bondi de 35 % au cours du quatrième trimestre, rappelant les heures les plus sombres de la récession de 2009.

Peu de secteurs sont épargnés : les transports, l'hôtellerie-restauration, le bâtiment et les travaux publics connaissent déjà de sérieuses difficultés, difficultés aggravées lorsque l'entreprise est située dans un bassin économique déjà en souffrance et qui n'a pas fini de panser ses plaies. Mardi, en présentant ses voeux à la « France rurale » à Pamiers, Nicolas Sarkozy a rappelé que « le choix de compétitivité, le choix de l'emploi est un choix stratégique que les autres ont fait avant nous, qui leur a réussi et que nous devons faire maintenant ».