Bercy pointe du doigt les professions réglementées aux tarifs "trop élevés"

Par latribune.fr  |   |  575  mots
Le ministre de l'Économie Arnaud Montebourg avait annoncé jeudi dans un "discours pour le redressement de l'économie" sa volonté de s'attaquer aux professions réglementées, affirmant pouvoir dégager ainsi 6 milliards d'euros de pouvoir d'achat des ménages. (Photo : Reuters)
Un rapport de Bercy analyse 37 professions réglementées pour déterminer si elles bénéficient de rentes et préconise des réformes pouvant faire baisser jusqu'à 20% leurs prix.

Faut-il libéraliser les professions réglementées ? C'est à cette question qu'est censé répondre un rapport de Bercy, commandé à l'Inspection générale des Finances, qui s'est penché sur 37 professions, des pharmaciens aux ambulanciers en passant par les notaires et les huissiers. Conclusion de ce rapport, des réformes de ces professions permettraient de faire baisser les prix de 20%, selon les Echos, qui en aurait obtenu une copie. Ce rapport avait été commandé par Pierre Moscovici lorsqu'il était encore ministre de l'Économie.

Lutter contre les rentes

En jeu pour ces professions réglementées, un chiffre d'affaires cumulé de 235 milliards d'euros en 2010, et un bénéfice total de 42 milliards d'euros. Elles emploient par ailleurs pas moins d'un million de personnes. Au total, ces professions représentent 6,4% du produit intérieur brut. Y toucher n'est donc pas anodin.

Comme Arnaud Montebourg, qui a repris le dossier après avoir remplacé Pierre Moscovici, la question était de savoir si ces professions sont en situation de rente.

"Si l'on en juge par leur niveau de rentabilité, la question ne fait pas de doute. Leur bénéfice net avant impôt représente en moyenne 19% de leurs chiffre d'affaires, soit 2,4 fois la rentabilité constatée dans le reste de l'économie", relève le quotidien économique.

Sur 100 euros versés par le consommateur, un huissier de justice réalise en moyenne un bénéfice net de 43 euros et un greffier de tribunal de commerce pas moins de 44 euros, selon le journal. Un greffier de tribunal de commerce gagne en moyenne plus de 10.000 euros net par mois et un huissier, plus de 6.000 euros, affirme le journal, ajoutant que le revenu n'est ni proportionnel au niveau d'études ni justifié par une prise de risque particulière. Les métiers concernés ont un taux de défaillance de 0,8% contre une moyenne nationale de 1,4%.

+46% de bénéfice entre 2000 et 2010

Sur 2000-2010, leur bénéfice a progressé de 46 % et leur valeur ajoutée de 53,7 %, alors que le Produit intérieur brut augmentait de 34,6 %. "Il est intéressant de noter que malgré ces très bons indicateurs sectoriels et en l'absence de toute concurrence internationale, les 37 professions concernées ont touché 1,7 milliard d'euros de crédit d'impôt compétitivité et emploi" (CICE), commente le journal. Le CICE doit représenter un total de 20 milliards d'euros par an lorsqu'il aura atteint sa vitesse de croisière.

Enfin le service au client "est sérieusement remis en cause par les utilisateurs", d'après un sondage réalisé par l'IGF, rapporte le quotidien.

Des réformes ciblées sur certaines professions (fin de monopoles, modification de la fixation des tarifs...) pourraient générer une baisse des prix de 10 à 20 % dans les secteurs concernés avec un surcroît d'activité qui "pourrait aller jusqu'à 0,3 point de PIB, selon certaines estimations", affirment les Echos.

6 milliards d'euros de pouvoir d'achat en plus

Le ministre de l'Économie Arnaud Montebourg avait annoncé jeudi dans un "discours pour le redressement de l'économie" sa volonté de s'attaquer aux professions réglementées, affirmant pouvoir dégager ainsi 6 milliards d'euros de pouvoir d'achat pour les ménages.

"Le ministre s'est engagé à rendre ce rapport public le moment venu", a déclaré à l'AFP Bercy lundi soir en affirmant que certains chiffres cités par l'article ne correspondaient pas à ceux du rapport.

>> Lire Arnaud Montebourg fait un cadeau de 6 milliards d'euros aux Français