L'ultime tentative du président grec : un gouvernement de technocrates

Par latribune.fr (source AFP)  |   |  579  mots
Copyright AFP - Le président grec Karolos Papoulias
Le président grec a proposé lundi soir un gouvernement de personnalités. Les dirigeants et responsables des différents partis se réunissent ce mardi à 13h (heure française) pour tenter de concrétiser un accord. Ils ont trois jours pour trouver une issue et éviter de nouvelles élections.

Dans sa dernière tentative de former une coalition, le président grec Karolos Papoulias a tenté le tout pour le tout en proposant, lundi soir, un gouvernement de personnalités. Proposition qui sera étudiée et dont on peut espérer connaître la suite ce mardi. La rencontre des dirigeants politiques qui débute à 13H (heure française) sera précédée d'un tête à tête entre le chef de l'Etat grec Carolos Papoulias et le transfuge conservateur Panos Kammenos, appelé en renfort des trois partis qui tentent d'éviter une sortie du pays de l'euro, après avoir été dans un premier temps tenu à l'écart des tractations entre conservateurs, socialistes et gauche. Son parti nationalo-populiste Grecs indépendant a remporté 33 députés sur 300 aux élections législatives du 6 mai.

Le dirigeant de la gauche radicale du Syriza, propulsé deuxième force politique du pays pour son rejet total des recettes UE-FMI d'austérité, a accepté de participer à la réunion. Seuls le parti communiste KKE, qui campe sur un isolement assumé, et la formation néonazie Chryssi Avghi (Aube Dorée) seraient absents. L'annonce de la proposition du président grec a été faite par le chef du Pasok socialiste Evangélos Vénizélos à l'issue d'une nouvelle réunion jusque là présentée comme celle de la dernière chance au palais présidentiel avec les dirigeants conservateur, Antonis Samaras, et de la gauche modérée, Fotis Kouvelis.

Le Dimar continue de peser lourdement sur la formation d'un gouvernement de coalition

Pour être soutenu au parlement, un gouvernement de technocrates doit pouvoir prétendre réunir 151 députés au moins, sur les 300 que compte le parlement. Le temps presse puisque, si la constitution ne limite pas le temps donné à Karolos Papoulias pour tenter d'arracher un accord des chefs politiques à son projet, le délai expirera de fait à la formation, le 17 mai, du nouveau parlement. Evengélos Vénizélos, dont le parti a été laminé par les électeurs le 6 mai (41 députés seulement), a immédiatement apporté son soutien à la proposition de karolos Papoulias, que Antonis Samaras, à la tête de la Nouvelle démocratie qui a obtenu 108 sièges de députés, s'est également dit prêt à examiner en invoquant le "mandat du peuple" en faveur selon lui d'une coalition gouvernementale. Fotis Kouvelis a, quant à lui, réitéré son refus d'un attelage gouvernemental auquel ne participerait pas son rival à gauche, Alexis Tsipras. Cette position, également avancée par le leader de Nouvelle démocratie  a bloqué la formation, jugée la plus probable dans un premier temps, d'une équipe associant le Dimar aux conservateurs et aux socialistes, qui bénéficierait pourtant d'une large majorité de 168 sièges sur 300.

Professant leur attachement à l'euro, la Nouvelle-Démocratie, le Pasok et Dimar ont émis des propositions proches en vue de la formation d'un gouvernement "de deux ans" ayant pour but la renégociation et l'allègement des mesures de rigueur imposées depuis 2010 par les bailleurs de fonds du pays, UE et FMI, et fortement contestées lors du scrutin du 6 mai. Si la dernière tentative de Karolos Papoulias échouait, la Grèce s'acheminerait vers de nouvelles élections mi-juin, qui pourraient voir les partis opposés à l'austérité obtenir la majorité et entraîner le pays vers une possible sortie de la zone euro.
 

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