L'Allemagne ne veut pas de référendum sur l'Europe en Grande-Bretagne

Par latribune.fr  |   |  378  mots
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Le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, a déconseillé au Royaume-Uni de faire du "chantage" à ses partenaires européens dans l'objectif de recouvrer certains pouvoirs transférés à Bruxelles. Selon un récent sondage publié par le journal "The Observer", 56 % des Britanniques voteraient pour une sortie de l'UE s'ils en avaient l'occasion.

Le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, a déconseillé au Royaume-Uni de faire du "chantage" à ses partenaires européens dans l'objectif de recouvrer certains pouvoirs transférés à Bruxelles, dans une interview publiée dimanche. "Nous souhaitons garder le Royaume-Uni dans l'UE et non le pousser dehors", a dit Wolfgang Schäuble au "Frankfurter Allgemeine Zeitung", dans son édition du dimanche. "Mais je dirai aussi que cela ne signifie pas que n'importe qui puisse nous faire du chantage". Interrogé sur le danger que pourrait présenter le débat qui fait rage au Royaume-Uni sur l'éventualité d'un référendum sur l'appartenance du pays à l'Union européenne, il a déclaré que l'UE devait envoyer un signal clair au reste du monde. "Nos amis britanniques ne sont pas dangereux. Mais un référendum créerait de l'incertitude", a-t-il jugé. Il a dit ne se "fâcher" avec les Britanniques qu'à propos de football, ajoutant qu'il espérait de leur part "plus d'engagement en Europe, pas moins". Le Royaume-Uni appartient à l'UE depuis 1973 mais n'a pas rejoint la zone euro et ses 17 Etats membres.

Les Britanniques veulent sortir de l'Europe

Wolfgang Schäuble a été le principal allié de la chancelière allemande Angela Merkel pour concocter des plans d'austérité en vue de résoudre la crise de la dette dans la zone euro, et parvenir à une meilleure intégration politique de ses membres. Le Premier ministre britannique conservateur David Cameron a affirmé le mois dernier qu'il soutenait toujours l'appartenance de son pays à l'UE, mais qu'il ne pouvait accepter le "statu quo" et voulait un "nouvel accord" permettant à Londres de rapatrier certains pouvoirs de Bruxelles. Mais il a jusqu'à présent évité de se prononcer clairement sur l'organisation d'un référendum malgré les pressions de son parti pour qu'il adopte une position plus explicite. Les tensions se sont exacerbées le mois dernier lorsque M. Cameron a contesté le montant du budget de l'UE pour les sept prochaines années, arguant qu'il était inacceptable d'augmenter les dépenses tandis que de nombreux pays avaient adopté des mesures d'austérité chez eux. Selon un récent sondage publié par le journal "The Observer", 56 % des Britanniques voteraient pour une sortie de l'UE s'ils en avaient l'occasion.