Budget européen : David Cameron brandit la menace du veto pour s'attirer les faveurs de l'opinion

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Attaqué tant sur sa droite que sur sa gauche, David Cameron tente de sauver sa peau dans l'opinion. Sa dernière trouvaille, le veto au budget européen en cas d'augmentation de celui-ci. Un moyen de ménager les eurosceptiques, de plus en plus nombreux dans le pays.

Après un premier coup de sang sur le sujet du budget européen il y a une semaine, David Cameron a à nouveau brandi la menace d'un veto. Le Premier ministre craint un "budget inflationniste" et refuse toute  "augmentation en termes réels (hors inflation)".

David Cameron victime de la fronde des députés

Mais apparemment, cela n'a pas suffit à calmer les députés de gauche et de droite qui réclamaient au Premier ministre des coupes dans le budget européen, alors que le chef du gouvernement s'exprimait devant les élus à la chambre des Communes lors d'un débat sur la contribution britannique. En cause, un ammendement exigeant une diminution de la contribution britannique au budget européen susceptible de rallier 40 à 60 élus conservateurs eurosceptiques. Mais aussi des travaillistes. En verve, Ed Miliband, le chef du parti d'opposition a en tout cas argumenté en ce sens, affirmant qu'à l'heure où David Cameron multipliait les coupes budgétaires, il ne pouvait "abandonner la perspective de coupes dans le budget européen (...) avant même le début des négociations". Et si l'issue de ce vote consultatif ne doit pas avoir d'incidence immédiate sur les négociations entre Londres et ses partenaires européens, il ne fait nul doute que David Caemron, trahi par une partie de son camp et attaqué par l'opposition, recevrait un terrible désaveu en cas d'adoption du texte à la majorité.

L'euroscepticisme, un argument pour l'opinion

C'est pourquoi il a tenté mercredi de se justifier : "ce gouvernement est, de tous les gouvernements, celui qui a adopté la ligne la plus dure dans les négociations budgétaires depuis que nous avons rejoint l'Union européenne". Comme si être dur vis-à-vis de l'Union européenne était un argument de poids. En fait, c'est surtout à l'opinion publique britannique que le Premier ministre s'est adressé. Le reste participant surtout de la manoeuvre politique. Car une lame de fond anti-européenne, gonflée par l'impopulaire cure d'austérité que fait subir David Cameron au pays, balaye désormais le Royaume-Uni. D'après un sondage réalisé par YouGov pour le Sun le UK Independence Party est aujourd'hui soutenu par 8% des britanniques, alors qu'il n'avait remporté que 3,1% des suffrages lors de l'élection générale de 2010. Même si ce sondage n'a que peu de valeur, les prochaines élections n'étant pas prévues avant longtemps, il montre l'augmentation du capital sympathie dans l'opinion publique pour ce parti considéré comme eurosceptique, voire europhobe. Alors que dans le même temps, le parti des libéraux démocrates, plus europhiles, s'effondrent à 9% d'opinions favorables. Alors que leur score aux élections générales oscille habituellement autour de 20%, et 23% aux deux derniers scrutins de 2005 et 2010.

Reste à voir, dans ce contexte, ce qu'il ressortira des discussions entre David Cameron et Angela Merkel lors d'une rencontre qui devrait avoir lieu à Londres début novembre. 

VOIR AUSSI ==> Tensions entre Angela Merkel et David Cameron sur le budget européen

VOIR AUSSI ==> Grande-Bretagne : manifestation monstre contre l'austérité

 

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Commentaires
a écrit le 01/11/2012 à 19:56 :
Les anglais ont du mal à quitter le sein nourricier, pour Bruxelles et Strasbourg ça serait bien qu'on délocalise
en Asie du Sud Est, la main d'oeuvre est compétente et surtout moin chère.Vue le désert économique dans lequel on est, ils ne peuvent pas faire pire, et, là on gagnera de l'argent.
a écrit le 01/11/2012 à 19:15 :
Je n'ai pas de sympathie pour Bruxelles, repaire de lobbyistes et affairistes en tous genres. Je n'ai jamais eu de sympathie pour les Anglais, toujours prêts à fomenter un mauvais coup ou à profiter d'une situation dont ils pourraient tirer avantage. Ils n'ont rien à faire dans l'Europe, si tant est que l'Europe à encore une justification à exister. Les Anglais regardent en priorité à l'Ouest, vers les US, dont ils sont la courroie de transmission. Nous n'en n'avons pas besoin, qu'ils sortent.
Réponse de le 02/11/2012 à 0:06 :
Oui. Le Royaume Uni devrait comme la Suisse ou la Norvège avoir un simple traité de libre échange avec l'Union européenne.
Après je comprends que nos amis Anglais regardent outre Atlantique. Nous ferions sans doute la même chose en France l'Amérique du Nord était francophone...
a écrit le 01/11/2012 à 16:59 :
cameron m'est soudainement sympatique. Les grecs et autres espagnols et allemands doivent se serrer la ceinture? ok. Mais que tout le monde le fasse. Ma conclusion: réduire le budget Européen. Sinon personne ne comprendra et alors ne soyons pas étonnés de voir barroso & Co insultés sur divers forums (avant que cela ne devienne pire comme des gouvernements qui vont voir l entrée de l'extrème gauche et de l'extrème droite.. dans ce cas ce sera VRAIMENT trop tard).
a écrit le 01/11/2012 à 16:06 :
les Anglais ont raison , il faut sabrer dans le budget de l'UE : choisir entre Bruxelles OU Strasbourg, supprimer les 2500 employés de Ahsford la soit disante ministre des affaires étrangeres , revenir à 4 langues au lieu de 27 et supprimer tous ces interpretes inutiles , et reduire le staff : Baroso , Junker , Van Rompuy, il y en a 2 de trop
et de toutes façons il faut reduire le nombre de commissaires qui veulent interveir sur tout , alors qu'on est loin de la gouvernance centralisée : c'est un goufre financier !

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