Cameron appelle l'UE à se mettre au diapason de la Grande-Bretagne

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Le Premier ministre britannique - qui a menacé d'opposer son veto si des coupes n'étaient pas instaurées dans le prochain budget communautaire -, a appelé lundi l'UE à faire preuve d'"une rigueur similaire" à celle mise en place chez-lui.

"Je ne pense pas que vouloir une discipline budgétaire accrue fasse de vous un mauvais européen." Tels ont été les mots de David Cameron, ce lundi, devant un parterre de grands patrons réunis à Londres pour la conférence annuelle de l'organisation patronale CBI. Le Premier ministre britannique s?en est tenu à sa ligne dure : l?UE doit tailler dans son budget 2014-2020 - qui sera débattu jeudi prochain lors d?un sommet à Bruxelles ?, sinon Londres y opposera son veto.

Sous pression dans son propre pays, où le scénario d?un "Brexit" (une sortie de la Grande-Bretagne de l?UE) est désormais ouvertement évoqué, David Cameron n?y est pas allé avec le dos de la cuiller. Il a ainsi appelé l?UE à mettre en place "une rigueur similaire, une discipline similaire" à celle mise en place chez-lui. "J'ai gelé les avantages sociaux de certaines personnes au Royaume-Uni (...), j'ai réduit certains budgets de 30%, j'ai dû couper le budget de la police par exemple de 20%", a-t-il ainsi égrené. Et en conséquence, il juge "simplement pas crédible d'aller en Europe et de dire : ?nous avons pris toutes ces décisions difficiles chez nous mais le budget européen doit augmenter encore et encore?".

Une réduction de 75 milliards boudée par la France et l?Espagne

Cette sortie du Premier ministre britannique intervient alors que les négociations sont toujours dans l?impasse concernant le budget communautaire. Et ce, à trois jours seulement du sommet de Bruxelles. De fait, la Commission européenne avait initialement proposé un budget total de près de 1.050 milliards d?euros. Mais pour Londres, soutenue par la Suède et les Pays-Bas, cette enveloppe, qui pèse environ 1,1% du Budget communautaire demeure trop élevée. Depuis plusieurs semaines, l?Allemagne, qui défend un plafonnement des dépenses de l?UE à 1% de son PIB, a bien tenté de convaincre son homologue britannique de se rallier à sa position. Mais sans y parvenir jusqu?à présent.

En guise de compromis, Herman van Rompuy a proposé mercredi dernier de réduire de 75 milliards d'euros la proposition de budget de la Commission. Dans le détail, le président de l?UE veut réduire de 29,5 milliards les crédits de paiement demandés pour la politique de cohésion, et de 25,5 milliards les aides pour la Politique agricole commune (PAC). Mais dans la foulée, il s?est heurté à un mur de refus de plusieurs Etats, dont la France. François Hollande l?a rappelé dimanche : pas question pour Paris de voir ces enveloppes diminuer. D?un montant de 290 milliards d?euros, la PAC pèse notamment 29% du budget proposé par la Commission. Or Paris en reste un des premiers bénéficiaires. Juste derrière l'Espagne, la France a reçu en tout, en 2010, 13,1 milliards d'euros du budget communautaire.

Schultz "très sceptique" sur les chances d?un accord

Même son de cloche de l?autre côté des Pyrénées. Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy a jugé la proposition de van Rompuy "simplement inacceptable". Sachant que selon une source européenne citée par l?AFP, Madrid pourrait perdre près de 20 milliards d'euros d'aides avec ce budget, ce qui dans sa situation financière serait intenable. Et la Pologne, grande bénéficiaire également des aides communautaires, est sur la même position.

Les positions semblent donc divisées en trois blocs et, pour l?heure, personne ne mise donc sur un succès lors du sommet de jeudi. Parti aux négociations, Martin Schultz, le président du Parlement européen, a ainsi déclaré à l?AFP qu?il était "très sceptique sur les chances d?un accord". On est donc de plus en plus loin de la proposition de la Commission qui voulait, en octobre, utiliser un budget renforcé de l'UE pour aider les pays en difficultés de la zone euro.

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a écrit le 01/01/2013 à 8:40 :
la France a versé environ 21 milliards et en retour à reçu en tout, en 2010, 14 milliards d'euros du budget communautaire.
a écrit le 20/11/2012 à 9:52 :
laissons l'uk partir ils veulent moins de contrainte pas de reglement ni surveillance montrons nos muscles et qu'ils décident mais usa c loinet il se tourne vers le pacifique salut
a écrit le 20/11/2012 à 7:19 :
si l'anglois n'est point satisfait de l'UE, qu'il décarre, car peu nous chaut.
a écrit le 19/11/2012 à 23:05 :
On veut, comme pour la Grèce, la liste nominative des "experts" bruxellois qui ont eu le culot de présenter un budget sans diminution des coûts de fonctionnement avec, par exemple, l'alignement des retraites sur la moyenne Européenne, aucun salaire supérieur à la moyenne des premiers ministres, chanceliers ou équivalent , une imposition des salaires selon la nationalité et, effectivement , une indexation du budget européen sur le PIB comme proposé par les allemands.
Le premier qu'on pourrait commencer par supprimer le désastreux va et vient Bruxelles Strasbourg exigé par les français, on l'envoie en Grèce !
a écrit le 19/11/2012 à 22:58 :
Dégraissons le mammouth après tout nos maitres à penser doivent toujours montrer l'exemple!!!!! Ceci étant dit si Mr Cameron allait dire cela à Bruxelles plutôt que devant un parterre de grand patrons londoniens!!!!
a écrit le 19/11/2012 à 22:49 :
Le modèle anglais avec la City aux commandes un modèle pour tous??????Larguez les amarres!!!
a écrit le 19/11/2012 à 20:21 :
Que l'on veuille réduire le budget communautaire alors que les économies souffrent partout de la crise, cela va dans le bon sens. Mais ce n'est pas parce qu'on réduit le budget de l'UE que l'on touche au budget de fonctionnement des institutions ! Car s'il y a des économies à faire, c'est bien là ! J'ai fait un rêve : qu'un jour quelqu'un ose remettre en cause les salaires et avantages mirobolants dont bénéficient les salariés des institutions européennes : Commission, Parlement, CJCE, BCE, BIE etc... Ils paient pas d'impôts et sont payés des fortunes pour ce qu'ils font. Là est le vrai scandale.
a écrit le 19/11/2012 à 19:05 :
Il faut qu'il arrête de fumer la moquette le zozo!! Prendre exemple sur la GB, là c'est très fort. Juste quelques petits rappels: Déficit public 2011-2012: 8.2%; dette publique passée de 40% du PIB en 2007 à près de 80% au dernier exercice. Le pied quoi ! Mais pour les leçons de bonne gestion, si je souhaitais en avoir, j'irai d'abord de l'autre côté.... du Rhin.
La dernière grosse c.... que l'Europe a faite c'est d'y avoir fait rentrer la GB. Avec nos amis anglais, l'Europe n'est pas prête d'avancer. Remarquez, on peut aussi faire l'éloge de l'inaction.
a écrit le 19/11/2012 à 17:58 :
Ce sont les anglais qui contribuent le moins au budget européens et qui parlent le plus, on sait que la démagogie au Royaume Unie est chose courante ainsi que l'euroseptiscisme mais avec leur déficit de 7% et une récession économique la plus forte en Europe, le "brexit" sera une bouffée d'air frais...
Réponse de le 23/01/2013 à 10:36 :
Les plus gros contributeurs au budget de l'UE ont été l'Allemagne (21,1 milliards), dont la contribution s'est élevée à 19,7 % du budget, la France avec 16,4 % (19 milliards), l'Italie avec 13 % (14,5 milliards) et le Royaume-Uni avec 12,6 % (12,9 milliards).
Les États membres qui contribuent le moins au budget 2011 de l'UE sont : Malte, l'Estonie et la Lettonie dont la contribution s'élève à 0,1 % du budget.
a écrit le 19/11/2012 à 17:41 :
Pour une fois je donne raison aux Anglais. Pourqoui toujours plus de subventions, et surotut toujours plus d árgent pour cette armée de fonctionaires europens surpayés a Bruxelle !
Réponse de le 19/11/2012 à 17:55 :
Les anglais font la même chose et encore pire puisque que cela fait quatre ans qu'ils font tourner la planche à billet.
a écrit le 19/11/2012 à 17:23 :
que l' Angleterre devienne le 51e etat des USA. on peut peut etre conserver l'Ecosse et l'Irlande
Réponse de le 19/11/2012 à 17:49 :
Ne blamez pas les anglais de vouloir remettre l'UE dans le bon sens. Il faut quand meme reconnaitre que tous les pays sont en pleine crise et que ce n'est certainement pas le moment d'augmenter les dépenses. Par ailleurs, je crains que vous ne vous êtes jamais rendu dans les batiments de la commussion européenne, que ce soit à Bruxelles ou à Luxembourg, car sinon vous seriez le premier à dénoncer leurs salaires élevés et leur faible productivité, sauf si vous êtes aux institutions ...
Réponse de le 19/11/2012 à 19:04 :
Si l'Angleterre sort de l'UE, elle ne devient pas isolée sur son île. Elle reste géographiquement et économiquement en Europe tout aussi sûrement que la Suisse. L'Angleterre est également membre du commonwealth qui avec 54 Etats dont l'Australie, la Nouvelle-Zélande, l'Afrique du Sud, l'Inde, la Malaisie, le Canada représente un potentiel de marché supérieur à celui de la zone euro.
Réponse de le 19/11/2012 à 19:44 :
Bonsoir Paulo et Bebert

Remettre l'UE dans le "bon sens "pour Cameron et sa clique de ministres ( dont certains toujours sous les feux de la justice pour enquête, avec bien sur présomption d'innocence cela va sans dire, (mais c'est mieux quan c'est écrit) revient à en donner encore moins pour en tirer beaucoup plus. La GB à joué la duplicité dés son adhésion et la City est le cheval de Troie d'une pratique capitalistique de "raiders" Est-ce mettre l'UE dans le bon sens que de voir ce pays (encore contributeur important au budget européen) faire passer son déficit de 40% du PIB en 2007 à 80% en 2012? Les coupes que fait Cameron et ses "cavaliers d'une apocalypse" révéleront leurs effets dés l'année prochaine avec la pauvreté endémique qui règne dans les villes moyennes d'Angleterre. Est-ce une "réforme" acceptable d'obliger les retraités à chercher du travail à 70 ans passé? et les jeunes qui errent désoeuvrés dans ce pays dont le prime-sinister ( il est ainsi qualifiés par ses administrés) démolit toute cohésion sciale au nom d'un équilibre budgétaire qui réduit la cohésion sociale et fait des rapports humains une jungle. Malgré ses décalrations d'amouur et la drague éhontée qu'il fait aux entrepreneurs, les entreprises quittent la Grande Bretagne et viennent en France !!! Oui le coût prohibitif d'une Livre Sterling par trop élitiste, construit jour après jour une difficulté de plus pour exporter. En refusant l'euro, Cameron à préféré sous payer le travail des entreprises brittanniques, en privilégier les intérêts privés des boites cotés à la City. C'est une bien triste épisode pour la GB et l'Europe se remettra de la fin de règne de ce faux libéral, qui ne privilégie que ses intérêts à courte vue.
Réponse de le 19/11/2012 à 20:16 :
vous n'avez pas tord de critiquer la politique de Cameron mais il ne faut pas non plus ignorer ce qui se passe à Bruxelles. Pendant que le gouvernement français défend becs et ongles les dotations d'une PAC dépassée qui a favorisé les plus grosses exploitations agricoles (dont l'Espagne en a été un des plus gros bénéficiaires), il ne dit rien sur d'autres sujets autrement plus importants et dévastateurs pour notre économie. Il ferme les yeux sur le dumping fiscal fait par l'Irlande au détriment de nos finances publiques par exemple. Eh oui, on ne peut pas quémander partout, et puis Bercy ça fait moins mal que les paysans en colère !

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