Le site Ecogem de Carros, acteur clé du réemploi dans les Alpes-Maritimes, est menacé de fermeture après la rupture soudaine de son contrat avec Ecosystem, son principal client.Le site Ecogem de Carros, spécialisé dans le tri et la remise en état d’appareils électroménagers usagés, traverse une crise majeure. Vingt-cinq emplois sont aujourd’hui menacés après la rupture brutale du contrat qui liait l’entreprise à son principal donneur d’ordre, Ecosystem, un éco-organisme qui représentait à lui seul 94 % de son chiffre d’affaires. Depuis plusieurs années, Ecogem jouait un rôle clé dans la chaîne du réemploi. L’entreprise recevait chaque jour plusieurs centaines d’appareils récupérés par les enseignes d’électroménager auprès des particuliers. Après tri et réparation, une partie de ces équipements rejoignait des structures solidaires comme Emmaüs ou Envie. Cette activité, essentielle pour l’économie circulaire locale, permettait de réduire les déchets tout en soutenant l’insertion professionnelle de jeunes techniciens formés sur place.
La décision d’Ecosystem met brutalement fin à cette dynamique. Sans débouché immédiat, l’entreprise se retrouve avec des ateliers à l’arrêt et des salariés inquiets pour leur avenir. Les conséquences dépassent la seule sphère sociale. L’interruption du partenariat bloque en effet une filière complète de réemploi et pousse ainsi les enseignes à détruire des équipements encore réparables, au détriment des objectifs environnementaux et économiques fixés par la transition écologique.
Les deux parties s’accusent mutuellement de la rupture. D’un côté, Ecogem évoque une tentative de renégociation tarifaire jugée « intenable ». De l’autre, Ecosystem invoque le non-respect de la réglementation ICPE, applicable aux sites soumis à des risques environnementaux, et justifie sa décision par des raisons de conformité. Le litige a été porté devant le tribunal de commerce de Versailles, dont la décision est attendue fin octobre. Dans l’attente, la direction d’Ecogem prépare des mesures d’urgence. Le chômage partiel apparaît inévitable, même si la société cherche à maintenir son savoir-faire en se repositionnant vers d’autres éco-organismes ou vers des activités logistiques complémentaires.