ENTRETIEN – Avant le cinéma, il y avait la musique. Avec « ADN » , son premier album profondément intime, l’actrice met enfin en notes ses blessures et ses doutes.Bien avant le cinéma, il y avait le piano. Celui derrière lequel Alice Taglioni s’est longtemps réfugiée. Cadette d’une famille protestante, née de parents d’origines italienne et espagnole, elle grandit en banlieue parisienne entre exigence, passion de la musique et sentiment diffus de ne jamais vraiment trouver sa place.
À 19 ans, un concours au Conservatoire fissure pourtant son rêve de devenir pianiste concertiste. Une remarque sur son physique – trop avantageux pour le jury du Conservatoire – achève de la détourner de cette voie. Alors, après le piano transmis par sa mère, une autre passion héritée de son père s’impose peu à peu : le cinéma.
La suite, on la connaît : des succès cinématographiques et un drame absolu avec la disparition brutale en 2009 de Jocelyn Quivrin, père de son fils alors âgé de 8 mois. Trois ans plus tard, coup de foudre en direct sur le plateau du journal télévisé avec Laurent Delahousse. Ensemble, ils auront deux enfants. Mais derrière l’actrice, la musicienne continuait en silence à déposer ses fêlures sur les touches noires et blanches, sans jamais oser faire écouter ses compositions.
À l’aube de la cinquantaine, elle dévoile ADN, un premier album profondément intime. Dans le titre Synthèse, elle confie même ses textes les plus personnels à l’artiste masculin Myope par crainte d’être réduite à « l’actrice qui raconte sa vie ». Derrière chaque note affleure pourtant une femme qui cherche encore à se protéger. Tout en acceptant, enfin, de se raconter.