L’ex-République soviétique embrasse les nouvelles technologies et numérise entièrement la vie de ses citoyens. Pour mieux la contrôler ?Imaginez qu’au supermarché, au moment de payer, vous n’ayez plus besoin de présenter une carte bancaire ou un smartphone mais seulement les lignes de votre main, que vous apposez sur un scanner. La scène vous paraît encore futuriste. Pour 20 millions de Kazakhstanais, elle est déjà réalité. Dans cette ex-République soviétique grande comme cinq fois la France, une première banque, Kaspi, vient de généraliser ce nouveau moyen de paiement.
Et Abilay, étudiant en informatique à Astana, la capitale, n’y trouve rien à redire. « Certaines personnes en ont peur, mais moi, j’ai confiance dans la banque, affirme-t-il. Elle est connectée au gouvernement. Sur la même application, on a accès à notre carte d’identité, à notre permis, à tous nos documents… »
Faire du Kazakhstan un pays numérique, c’est la mission que le très directif chef de l’État, Kassym-Jomart Tokaïev, a confiée à son gouvernement. Au cœur d’Astana, dans le quartier des ministères et de ses rutilants immeubles de verre, une immense sphère de huit étages en forme de géode incarne ce désir de super-État technologique.
Ici, on travaille sur une intelligence artificielle appliquée aux services publics. On y conçoit plusieurs dizaines de modèles d’e-agents, qui seront chargés de répondre aux requêtes des habitants. L’ambition est de pouvoir gérer « les crises et les processus gouvernementaux », mais aussi « l’engagement citoyen envers l’État ». « Qualifier les personnes les plus aptes à certains postes » fait également partie des objectifs.
L'IA généralisée pour un meilleur contrôle de la population ?