Au coeur du bastion sidérurgique d’ArcelorMittal, l’acier électrique voit le jour
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La salle de contrôle à l'usine de Mardyck.
ArcelorMittal
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La salle de contrôle à l'usine de Mardyck.
ArcelorMittal
On entre à Mardyck comme on franchirait les portes d’une ville parallèle. Les bâtiments massifs, les tunnels de câbles, les voies ferrées internes, les panoplies orange des salariés : tout ici respire la puissance d’un site industriel conçu pour vivre en autarcie. C’est dans ce décor, entre halles héritées de 1932 et infrastructures flambant neuves, qu’ArcelorMittal a dévoilé mardi sa nouvelle filière française d’acier électrique.
Un investissement colossal de 500 millions d’euros, le plus important du groupe Arcelor Mittal en Europe depuis dix ans : trois lignes seront opérationnelles fin de cette année 2025, deux autres d’ici 2027. Cette filière a été pensée pour atteindre, à terme, 155 000 tonnes par an, produites intégralement en France, entre Saint-Chély-d’Apcher en Lozère et Dunkerque dans le Nord.
Contrairement aux aciers utilisés pour les carrosseries ou les structures, l’acier électrique est un alliage spécifique, généralement enrichi en silicium, destiné à guider les flux magnétiques tout en minimisant les pertes. Il se distingue des aciers automobiles classiques par ses propriétés magnétiques. Sans acier électrique, pas de moteurs performants, pas de générateurs, pas d’éoliennes. C’est le matériau invisible de l’électrification, aujourd'hui dopé par l’évolution des usages, la transition énergétique et bien évidemment le développement des moteurs électriques.
Pour être efficace, l’acier doit être transformé en lamelles ultrafines, souvent moins de 0,3 mm d’épaisseur, empilées avec des couches d’isolant pour devenir les rotors ou stators des moteurs électriques ou les cœurs des générateurs. L’enjeu est double : performances et rendement énergétique. Avec la montée de l’électromobilité, de l’éolien, des réseaux électriques modernes, ces tôles prennent un rôle stratégique dans la transition énergétique européenne.
Avant d’entrer dans les ateliers, Gaëlle Le Papillon, responsable de la ligne de production des aciers électriques, saisit une pièce métallique et la soulève devant le groupe de journalistes : c’est un rotor, cœur des moteurs électriques, résultat d’une multitude de ces feuilles d’acier électrique ultra fines empilées. « Voilà ce que deviendra notre acier. Chaque lamelle que vous voyez là vient d’une feuille plus fine que votre page de cahier de notes. » Les « coils », bobines d’acier laminé à chaud, arrivent à Mardyck par voie ferrée interne, depuis le site de production voisin. Ce sont ces bobines que Mardyck va préparer selon les commandes de clients.
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