Le cahier des charges relatif à l’appel d’offres numéro 10 pour l’éolien en mer a été publié officiellement ce matin. Avec une capacité de 10 gigawatts (GW), il s’agit de l’un des plus importants programmes d’éolien en mer jamais réalisés en Europe, aime à rappeler l’exécutif. L’heure est également à la satisfaction du côté de la filière. Malgré la charge de travail, les professionnels se félicitent d’un calendrier resserré laissant espérer la désignation des lauréats avant l’échéance de l'élection présidentielle « où tout peut être remis à plat ». Une partie des recommandations soumises au régulateur de l’énergie a également été prise en compte. « Il n’y a pas de mauvaises surprises », assure-t-on chez un énergéticien.
Mais derrière l'enthousiasme général et les effets d’annonce, les acteurs interrogés par La Tribune sont unanimes : il est peu probable que la totalité des 10 GW d’éolien en mer soit effectivement développée. « Il y a un vrai risque qu’une partie de l’éolien flottant ne soit pas développée et qu’en conséquence les 10 GW ne soient pas atteints », lâche un développeur.
En effet, malgré les réserves de la filière, l’épais document de 300 pages confirme un paramètre déterminant : le prix cible. L’AO 10 reposera sur un prix moyen pondéré de 100 euros du mégawattheure. Cela ne signifie pas que tous les projets devront forcément être présentés à un prix inférieur ou égal à 100 euros du mégawattheure. Mais la moyenne des projets, en prenant en compte leur puissance respective, ne devra pas excéder ce niveau. Si un projet présentant un prix trop élevé relève cette moyenne au-dessus de 100 euros, il sera alors écarté.