Révélés mercredi, les excellents résultats de TotalEnergies sur les trois premiers mois de 2026 relancent le débat sur la taxation des profits en temps de guerre. Si le gouvernement dit « ne rien s’interdire », aucun mécanisme ne semble pour l’heure émerger.Les malheurs des uns font les affaires des autres. Alors que les prix à la pompe stagnent au-dessus des 2 euros par litre, dopés par la guerre au Moyen-Orient, TotalEnergies affiche une forme olympique. Mercredi, la major a dévoilé un bénéfice net consolidé de 5 milliards d’euros pour les trois premiers mois de 2026, en bond de 51 %, se félicitant de sa « capacité à capturer » l’envolée des cours. Les actionnaires en récoltent les fruits : le dividende trimestriel grimpe à 90 centimes par action, une hausse de 5,9 %.
« Il y a eu un transfert direct de la poche des automobilistes à celle des actionnaires », commente l’économiste Lucas Chancel, spécialiste des questions de justice fiscale.
De quoi mettre de l’huile sur le feu… et placer le gouvernement dans une position acrobatique. En sortie de Conseil des ministres, Maud Bregeon, chargée de l’Énergie, a tenté de donner le change : s’il ne faut pas tomber dans le « Total bashing », « personne ne doit profiter de cette crise », a-t-elle lancé, affirmant que l’exécutif « ne s’interdit rien » au sujet d’un éventuel prélèvement de ces profits.
Une petite musique familière puisque le Premier ministre, Sébastien Lecornu, affichait déjà début avril une absence « d’opposition de principe » à une taxation des rentes, demandée par cinq pays européens (Espagne, Autriche, Allemagne, Italie et Portugal) dans un courrier à la Commission européenne.