Les déboires du nucléaire profitent aux énergies renouvelables

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L'aggravation de la situation au Japon pèse sur l'avenir de la filière nucléaire. Et remet du même coup en selle les valeurs liées aux énergies renouvelables.

Alors que le Japon fait face à une très grave crise nucléaire, l'avenir de la filière semble être désormais en suspens. En Bourse, le secteur est affecté à l'image du certificat d'investissement Areva (-8,56%). Tout le secteur énergétique n'est toutefois pas perdant : les valeurs liées à l'énergie renouvelables se retrouvent désormais sur le devant de la scène.

A Paris, où rares sont les valeurs en hausse ce mardi, le producteur d'électricité éolienne Theolia s'envole de 14,17% à 1,37 euro. Il est suivi d'EDF Energies renouvelables (+4,4% à 34,91 euros).

A la Bourse de Madrid, l'espagnol Gamesa, un des leaders mondiaux de la fabrication d'éoliennes, a continu& de monter fortement, après avoir pris 5,05% la veille. Même chose à la Bourse d'Oslo, où l'action du fabricant norvégien d'équipements d'énergie solaire Renewable Energy Corporation (REC) a aussi progressé, après s'être déjà adjugé plus de 10% la veille.

A Francfort, le fabricant de panneau solaire Solarworld s'envole pour sa part de 14,85% après déjà un bond de 13% la veille. Plus généralement, l'indice mondial S&P Global Clean Energy a progressé lundi de 4,5%.

Le pétrole, autre élément positif

La flambée des prix du baril est un contexte également propice à la résurrection boursière des énergies renouvelables. Le rebond est fragile mais palpable. Alors que les cours du pétrole se sont plus franchement réappréciés depuis début décembre (+35 % pour le Brent) , l'indice S&P Global Clean Energy a rebondi de 12,8 % sur la même période.

Et pour certains, cela pourrait même n'être qu'un début. Ainsi Fabrice Cousté, directeur général de CMC Markets soulignait dans sa dernière note que "plusieurs secteurs pourraient se démarquer en Bourse et bénéficier du contexte : le green business et les énergies renouvelables ".

Un avis partagé par Nicolas Rochon, président de R Green, spécialisé dans le conseil en investissement dans le domaine de l'environnement. " Le chapitre de la crise en partie tourné, la croissance soutenue des pays émergents facilite un retour au pétrole cher au-delà même du mouvement spéculatif lié aux révoltes du monde arabe. Les pays producteurs n'ont qu'une marge de 3 % pour répondre à une demande croissante. Comme en 2007 et 2008, cela va engendrer un fort regain d'intérêt pour les énergies renouvelables ", explique-t-il.

Restructuration de la filière

Un retour en grâce de circonstance, certes, mais motivé aussi par d'autres facteurs. " La filière est désormais structurée et les coûts de production ont baissé de 30 à 40 % depuis la crise. Par ailleurs, le secteur a été massacré en Bourse, ce qui se traduit par des opportunités d'investissement ", détaille Nicolas Rochon. Depuis ses plus-hauts, fin décembre 2007, jusqu'à ses plus-bas de mars 2009, l'indice S&P Global Clean Energy s'était effondré de 78 % !

Le secteur a payé un lourd tribut à la crise. Mais celle-ci a, en effet, été salutaire. Compris entre 5 et 8 cents (en dollar) le kilowatt-heure, les coûts de production dans un secteur comme l'éolien sont désormais comparables à ceux du charbon. Au-delà de la filière des énergies renouvelables, c'est aussi la thématique de l'efficacité énergétique qui remet sur le devant de la scène des valeurs plus traditionnelles. Depuis le début de l'année Saint-Gobain (+ 11,7 %), Alstom (+ 15,8 %) et dans une moindre mesure Schneider Electric (+ 6 %) en sont de bons exemples.

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