GDF Suez : les investisseurs s'inquiètent de la fin du nucléaire en Belgique

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Les deux centrales nucléaires en Belgique détenue par Electrabel, filiale de GDF Suez, vont être fermées. Une décision qui pèse lourd en Bourse sur le titre GDF Suez et sur l'ensemble du secteur des "utilities".

Le nucléaire s'invite à nouveau dans le débat politique et le paysage boursier. Dimanche, la Belgique a annoncé sa décision de fermer sous condition les deux centrales nucléaires encore en activité dans le pays, pour une sortie complète du nucléaire d'ici 2025. Une décision qui n'est pas sans susciter de nouveaux arbitrages en Bourse de la part des investisseurs.

La décision de la Belgique impacte directement le groupe français GDF Suez puisque celui-ci est propriétaire des deux centrales nucléaires par le biais de sa filiale Electrabel. Conséquence, après avoir perdu 5,72 % lundi, le titre chutait ce mardi à la Bourse de Paris de plus de 2,5%.

Si GDF Suez et Electrabel se sont pour l'instant refusés à commenter cette décision, les analystes s'inquiètent d'ores et déjà. "Cet accord constitue réellement un 'worst case scenario' (scénario du pire) pour GDF Suez en Belgique", estime ainsi Oddo Securities. Le bureau d'études a abaissé sa recommandation d'achat à "neutre" sur la valeur. Si la Belgique ne représente que 10% de l'excédent brut d'exploitation (Ebitda) de GDF Suez, Oddo estime que l'objectif financier d'un Ebitda de 20 milliards d'euros à l'horizon 2013 est tout de même en danger.

Areva et EDF également sanctionnés

Au-delà du cas GDF Suez, c'est bel et bien l'ensemble du secteur des "utilities" (services à l'environnement) qui souffre de la perspective d'un arrêt du développement de l'énergie nucléaire à travers la planète - c'est déjà le cas en Allemagne - depuis la catastrophe de Fukushima. Ainsi, en deux séances, le groupe public Areva a décroché en Bourse de plus de 9% et EDF de 4,8%.

EDF est indirectement exposé au secteur nucléaire belge puisqu'il détient des droits de "tirage", directement sur 8% de la capacité de production des centrales belges, et indirectement via sa filiale belge SPE des droits sur 7%. Mais vendredi, l'action avait déjà chuté de plus de 5%, cette fois sur des interrogations sur le développement du nucléaire en France. Selon des informations du Monde, le Parti socialiste et les écologistes seraient sur le point de sceller un accord électoral prévoyant des fermetures de centrales nucléaires. Pour l'heure, ces informations n'ont pas été confirmées et EDF a demandé à l'Autorité des Marchés financiers (AMF) de mener une enquête sur la chute du cours.

Ces craintes sur le nucléaire tombent au plus mal pour le secteur des "utilities", déjà bien malmené en Bourse. Car cette industrie fait face à plusieurs défis structurels. Elle est essentiellement tournée sur la consommation domestique, faible dans les pays européens et ne dispose donc pas du relais de croissance des pays émergents. Par ailleurs, les entreprises du secteur, détenues en partie par l'Etat, sont sujettes aux évolutions réglementaires, telles que de nouvelles taxes, le développement de nouvelles énergies ou bien la modification des tarifs réglementés.

Résultat, depuis le 1er janvier, Areva plonge de 32%, EDF de 31% et GDF Suez de 26%, soit bien plus que le marché, l'indice CAC 40 ne cédant pour sa part "que" 18% sur la même période. En Europe, l'indice Stoxx600 des valeurs "utilities" signe également une des plus mauvaises performances sectorielles depuis le début de l'année (-12,9%).

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Commentaires
a écrit le 03/11/2011 à 10:00 :
Les investisseurs n'ont qu'à investir dans les énergies renouvelables et s'inquiéter de la surpopulation démographique qui est un vrai problème de survie de la planète autrement plus crucial que leurs petits placements dans l'industrie nucléaire qui est l'industrie de la mort.
Réponse de le 07/11/2011 à 16:06 :
."..l'industrie de la mort..." vs pouvez rajouter l' automobiles !!!! Il ns reste la bicyclette....quoique !!!...
a écrit le 01/11/2011 à 9:40 :
Suite logique à la destruction du secteur industriel manufacturier, la phase 2 se met en place et touche de plus en plus le secteur des moyens dont celui de l'énergie. D'autres pays comme la Chine n'ont pas nos états d'âme et raccordent au réseau plusieurs nouvelles centrales chaque mois.
a écrit le 31/10/2011 à 13:55 :
GDF doit encore faire face à une attaque ciblée, mais comme d'habitude ils vont s'en sortir avec les honneurs! Continuez vos efforts messieurs cal va payer.

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