Selon des informations de La Tribune, l'État va devenir actionnaire de l'industriel Eurolysine. Le dernier fabricant européen de lysine, matière première clé pour l'élevage animal et l'industrie pharmaceutique, est menacée par une concurrence chinoise très agressive.Cette semaine sera à marquer d'une croix blanche sur le calendrier du ministre délégué à l'Industrie Sébastien Martin. Après des annonces records au salon Choose France lundi à Versailles, puis un déplacement le lendemain sur l'usine de Stellantis à Mulhouse (Haut-Rhin) aux côtés d'Antonio Filosa pour annoncer le sauvetage de cette usine de 4 500 personnes, le membre du gouvernement vient à la rescousse d'un site stratégique.
L'ancien élu local est attendu ce vendredi 5 juin à Amiens (Somme), pour visiter les moyens de production d'Eurolysine, dernier producteur européen de la lysine, un acide aminé clé pour l'alimentation animale et l'industrie pharmaceutique. Il sera accompagné du président de la Région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, et d'Arnaud Rousseau, président du conseil d'administration d'Avril, propriétaire de cet industriel, et à la tête de la FNSEA.
Après une visite des installations et d'un temps d'échanges avec la direction et les syndicats, le ministre délégué à l'Industrie va annoncer, selon des informations de La Tribune, « une injection financière en augmentation de capital ». Concrètement, l'État va entrer au capital et donc au conseil d'administration de cette entreprise stratégique pour la souveraineté alimentaire et sanitaire, après plusieurs mois de négociations.
Une démarche engagée à Bruxelles
Le montant de l'opération est de « plusieurs dizaines de millions d'euros », signale Bercy, dans une fourchette entre 50 et 100 millions, toujours selon nos informations. Mais l'État ne sera pas seul à apporter les liquidités dans cette opération : 55 % de la somme seront apportés par le groupe Avril. Cet accord sera ainsi matérialisé par une signature d'un protocole officiel sur place, ce vendredi.