Lagardère : une stratégie qui peine à être lisible

Encore une nouvelle qui n'est pas du goût du Marché... Lagardère a annoncé mardi matin avoir revu à la baisse ses prévisions de recettes publicitaires de 3 à 5% pour 2012. Un nouveau coup dur pour la branche Lagardère Active alors que le groupe anticipait jusqu'à présent une stabilité de ces recettes.
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Toutefois, le groupe de médias a annoncé maintenir son objectif de résultat opérationnel courant des sociétés média intégrées pour 2012 : stable par rapport à 2011 à périmètre et change constant.

Lagardère a tenu à préciser que cet objectif ne prenait pas en compte trois éléments non prévisibles à ce stade dans la branche Lagardère Unlimited, la division dédiée au sport et au divertissement. C?est que le règlement des réclamations à la Fédération Française de Football, le règlement du litige avec le Board of Control for Cricket in India et les négociations du contrat avec le Comité international olympique n'ont pas été intégrées à ces prévisions.

Par ailleurs, le groupe piloté par Arnaud Lagardère a tenté de rassurer les investisseurs en annonçant des objectifs « ambitieux » dans l'activité de Travel Retail, une des sous-divisions la branche Lagardère Services. Le Travel Retail est une des activités historiques du groupe (points de vente de presse dans les aéroports). Elle représente 2 milliards d?euros, soit 53% du chiffre d'affaires de la branche Lagardère Services en 2011 qui elle même représentait 48% des ventes totales du groupe. La croissance de ce pôle devrait atteindre de 10% par an entre 2011 et 2016, en combinant croissance organique et acquisitions. Aussi, Lagardère s?attend à une progression globale de la marge d'EBITDA comprise entre +0,5 et +1,0 point d'ici 2016, « grâce à une évolution favorable du mix-produit, des acquisitions relutives et une meilleure couverture des coûts fixes. »

Le mois dernier, Lagardère avait annoncé une chute de 12,5% de son chiffre d?affaires pour le son premier trimestre à 1.6 milliard d?euros. Le conglomérat notamment fait les frais de la contraction de 7,3% des recettes publicitaires de son pôle médias. Preuve que le groupe est très sensible à la conjoncture économique, le directeur financier Dominique d'Hinnin avait précisé que la tendance au deuxième trimestre en terme de recettes publicitaires s'annonçait similaire à celle du premier. A croire que ce nouveau millésime aura la même teneur que celui écoulé. En 2011, le groupe de médias avait passé une sale année, émaillée par deux avertissements sur résultats. Pour couronner le tout, Lagardère avait par ailleurs annoncé en février dernier, des dépréciations d'un montant de 900 millions d'euros. Les deux-tiers du montant concernent la branche Lagardère Unlimited alors que la direction avait beaucoup investi pour sa montée en puissance. Peine perdue, sur le milliard que le groupe a injecté dans ce pôle depuis sa création il y a plus de 5 ans, il ne vaut désormais plus que 400 millions d?euros? La nature cyclique de l'industrie du sport a empêché Lagardère Unlimited de devenir la source de revenus principale du groupe. Et Lagardère en attendait beaucoup de cette branche. L'activité cricket en Inde en effet été plombée de l'annulation imprévue d'un gros contrat et IEC, le pôle suédois de distribution de droits audiovisuels d'événements sportifs, n?a obtenu de bons résultats. Et le directeur financier de Lagardère ne s?est pas privé de tacler les suédois en expliquant que le management avait fait preuve d?un a « un manque d'engagement ».

Le tiers restant concerne les 20 % détenus dans Canal + France, une participation dont le groupe souhaite se délester. Le prix initial de 1,5 milliard d?euros était apparemment trop élevé alors la valorisation de cette participation a été à 1,2 milliard d?euros. Il n?y a pas qu?Arnaud Lagardère qui souhaite la vente de certains actifs, les investisseurs aussi espèrent que le groupe décharge la barque. Notamment, la participation de 7,5% dans EADS en plus des 20% dans Canal+ France, ce qui pourrait renflouer les caisses du conglomérat à hauteur de 3 milliards d'euros. En tout cas, seules les opérations de cession et les changements dans le tour de table de la société animeront le titre alors que la stratégie de Lagardère peine encore à être lisible? Et ce que l?offre sur le comparateur de prix LeGuide.com pour renforcer la présence du conglomérat dans le numérique, va-t-elle apporter un élément de réponse ? Peut-être. Mais en attendant, la cible ne se laisse pas faire, et a décidé de racheter 10% de son capital pour contrer l?offensive de Lagardère. Affaire à suivre?

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