La Bourse de Tokyo chute lourdement, plombée par les inquiétudes sur la Chine

Par latribune.fr  |   |  447  mots
"Le secteur de la sidérurgie a été lourdement impacté par le ralentissement économique de la Chine car 50% de la demande est là", résume Takashi Enomoto, analyste chez Bank of America Merrill Lynch. (Crédits : Reuters)
Le Nikkei a perdu tous ses gains cumulés depuis janvier en une séance, chutant de plus de 4%. En cause, les mauvais chiffres de l'industrie chinoise et les inquiétudes autour des sociétés sidérurgiques japonaises, touchées par la baisse de la demande en Chine.

La Bourse de Tokyo touchait des sommets en août, dépassant allègrement les 20.000 points. Elle a depuis beaucoup perdu de sa superbe depuis deux mois. Moins de deux mois après la dévaluation du yuan chinois le 11 août, l'indice boursier a déjà cédé 18%.

Mardi 29 septembre, la Bourse tokyoïte a fini en forte baisse de 4,05%. L'indice Nikkei a perdu 714,27 points, à 16.930,84 points. En une séance, il a perdu les gains qu'il avait accumulés en un an, comme le souligne le Wall Street Journal. Et les 225 valeurs qui composent le Nikkei étaient dans le rouge.

La Chine au cœur des inquiétudes

"La déception sur les bénéfices des entreprises industrielles en Chine continue d'alimenter les préoccupations sur la croissance", avance Martin King, codirecteur général chez Tyton Capital Advisors à Tokyo, pour expliquer la baisse de la cote. Ce dernier fait référence au dernier indicateur publié par le Bureau national des statistiques chinoise, lundi. Les industries chinoises ont connu leur plus forte baisse de rentabilité au mois d'août. Leurs bénéfices ont reculé de 8,8% sur un an. Du jamais-vu depuis 2011, année où l'organisme a commencé à établir des statistiques sur ce thème.

Or c'est une mauvaises nouvelle pour le Japon, très important partenaire commercial de la Chine. Comme le rappelle le think tank français l'Iris, spécialisé dans la géopolitique, les deux pays "sont des partenaires économiques majeurs avec des échanges commerciaux représentant 312 milliards de dollars en 2013".

Inquiétudes autour des matières premières

Dans la sidérurgie, sensible à la demande chinoise, le Japonais Kobe Steel a plongé de 11,1% après avoir réduit ses prévisions de résultats pour l'exercice en cours. Le sous-indice du secteur a abandonné 6,1%, avec des reculs de 7,1% pour JFE Holdings et de 5,3% pour Nippon Steel and Sumitomo Metal. La dégringolade de Glencore, lundi 28 septembre, a contribué à raviver les inquiétudes des investisseurs. A Hong Kong, le titre du Britannique chutait encore de plus de 27% en milieu de matinée.

"Le secteur de la sidérurgie a été lourdement impacté par le ralentissement économique de la Chine car 50% de la demande est là", résume Takashi Enomoto, analyste chez Bank of America Merrill Lynch.

Par ailleurs, l'Australie, très dépendante de ses exportations de matières première a vu son principal indice boursier perdre 3,82%. La Bourse de Sydney est ainsi tombée à son plus bas niveau en deux ans.

La Bourse de Shanghai, quant à elle, a clôturé en baisse de 2,01% et Shenzhen a perdu 1,51%. Celle de Hong Kong, entraînée par Glencore, a chuté de 2,97%.