Pouvoir et responsabilités, trois femmes témoignent

Gael Cérez
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"À l'université, le traitement entre les hommes et les femmes était le même. Ensuite, c'est pour trouver du travail que cela s'est gâté. Avec mon diplôme d'informatique, j'ai postulé dans une grande entreprise aéronautique de la région et dans une grande entreprise nationale de l'énergie atomique.
Dans la première, on m'a dit qu'être une femme était un problème parce que lorsque j'aurais des enfants, je ne pourrais plus travailler normalement.
Dans la seconde, on m'a fait une proposition que j'ai pu comparer à celle d'un camarade de promotion qui avait le même diplôme que le mien, à ceci près qu'il n'avait pas de mention. Mon salaire était 20 % moins élevé. Cela m'a humilié. J'ai refusé d'intégrer une telle entreprise.
Finalement, je suis restée à l'Université et je ne le regrette pas. Cela n'a pas été évident de passer de maître de conférence à professeure tout en élevant mes enfants. Cela demande beaucoup de travail et moins de vie sociale. C'est difficile à concilier, il faut le reconnaître : c'est un frein.
Aujourd'hui, en tant que présidente de l'Université fédérale, je remarque un autre frein. Au moment de prendre des responsabilité, des femmes, que je sais excellentes, refusent le poste car elles ne s'en pensent pas capables. C'est un frein intérieur. Moi-même, j'ai hésité avant de devenir présidente de l'Université fédérale de Toulouse (ancien PRES, NDLR). C'est un poste de représentation où l'on a des coups à prendre et parfois à donner. J'essaie de l'éviter en écoutant les avis. Je suis une présidente de consensus.
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Par comparaison, des hommes d'un niveau moyen ne se posent pas tant de questions et acceptent des responsabilités, alors que des femmes non. Il leur faut être excellente pour cela. Je suis étonnée que cela arrive toujours.
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Il y a aussi un frein externe. À compétences égales, les hommes ne pensent jamais à une femme pour un poste de responsabilité. Ils pensent qu'elle n'en serait pas capable.
Gael Cérez
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