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Football: pour Govou, Lyon n'est "plus dans la cour des grands"

reuters.com

Publié le 20 septembre 2013 à 09:01 - Mis à jour le 20 septembre 2013 à 15:54

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par André Assier

LYON (Reuters) - Sidney Govou, en phase de reprise après sa grave blessure au genou en mars dernier, espère reprendre le cours de sa carrière cet automne.

L'ancien international français (49 sélections, 10 buts) pourrait même le faire à l'Olympique lyonnais, un club dont il a symbolisé les années fastes et dont l'entraîneur, Rémi Garde, lui a ouvert la porte.

En attendant de peut-être revêtir à nouveau le maillot avec lequel il a été sept fois champion de France entre 2002 et 2008, comme Grégory Coupet et Juninho, il envisage son avenir et analyse les difficultés actuelles de l'OL dans un entretien à Reuters.

Reuters : Six mois après votre rupture du tendon rotulien, comment vous sentez-vous ?

Sidney Govou : Vraiment bien, très bien même. Ma forme va crescendo. Je suis forcément passé par des instants de doutes mais là, je suis dans la dernière phase de montée en régime. D'ici un petit mois, je vais reprendre le terrain et le ballon. Mais je ne veux rien précipiter. Avec mon chirurgien (Bertrand Sonnery-Cottet qui l'a opéré en mars, NDLR), nous ferons le point à la fin septembre sur l'état de mon genou et je prendrai alors la décision de la suite.

Reuters : Vous êtes passé par une période difficile avec un staphylocoque au printemps...

Sidney Govou : Oui, je suis passé par tous les états. Quand tu entends autour de toi : "va-t-il remarcher ?", "Si oui, comment et quand ?", cela interpelle. J'en ai un peu perdu de mon éternel optimisme ! Ce qui était dur, c'était de dépendre de médicaments. C'était à eux de travailler et de lutter pour moi. Et là, ce n'est plus pareil. Car quand on est sportif de haut niveau et qu'on connaît la blessure, on sait que cela dépend de soi-même. Tu fais les efforts et cela revient. Et dès l'accident, tu te mets en position "positive" pour revenir. Mais tout cela est du passé. Je n'ai plus de douleurs et je vois le bout de tout.

Reuters : Aujourd'hui, on vous voit parfois dans le Parc de Gerland, non loin du centre d'entraînement de l'OL.

Sidney Govou: Oui, c'est plus pratique pour Abdel Redissi, qui gère ma rééducation. Comme il est le kiné de l'OL et intégré au staff, pour lui c'est pratique.

Reuters : L'OL vous ouvre donc ses portes ?

Sidney Govou : J'ai demandé à Rémi (Garde) si en venant en dehors des heures où il y a les professionnels, je pouvais venir. Il m'a répondu pas de problème.

Reuters : Il n'a pas exclu non plus votre retour dans le groupe. Ça vous attire ?

Sidney Govou : Je vois les choses différemment désormais avec cette opportunité offerte. Je veux parler de me donner la possibilité, si je le souhaite, de m'entraîner avec les jeunes du centre de formation à terme, quand le chirurgien m'aura donné le feu vert à la pratique du foot. Cela me donne la possibilité de prendre la bonne décision car je saurais, en m'entraînant avec les jeunes, si je peux le faire ce retour.

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Reuters : Alors, vous signez quand à l'OL ?

Sidney Govou : Ouh la la, c'est trop tôt pour le dire ! Je ne veux pas me projeter aussi loin. Je reviens à ce que je disais au début : chaque chose en son temps. D'abord, le physique ; puis la discussion avec le médecin et son éventuel feu vert. Et ensuite, on verra. Ce que je sais par contre, c'est que l'envie de faire des efforts physiques est toujours là.

Reuters : Vous suivez Lyon de près. Quel est le problème de cet OL qui semble rentrer dans le rang cette saison ?

Sidney Govou : Cela ne cloche pas. L'OL est au niveau où il doit être. Le mois d'août, avec tous ces matches et surtout l'élimination (au troisième tour préliminaire) en Ligue des champions, a laissé des traces. Je vois que les discours commencent à épouser les contours de la vérité : on (sic) joue parfois bien mais il ne faut pas se prendre pour plus qu'on est. L'OL ne joue pas pour le titre et n'est plus dans la cour des grands, comme le PSG et Monaco. Marseille est devant. Même Saint-Etienne - il faut s'y faire même si du côté des supporters, cela pique un peu.

Reuters : Il se dit que cette équipe est trop jeune...

Sidney Govou : Oui et non. Monaco, ils ont aussi des jeunes joueurs qui découvrent la Ligue 1. Il manque une expression collective. Il faut que ce groupe comprenne que Lyon, ce n'est pas comme ailleurs. Ailleurs, parfois, on peut perdre des matches et cela ne gêne pas. A Lyon, c'est une autre exigence. Il y a un héritage à assumer et je ne suis pas sûr que cet héritage soit assimilé. Je pense que ce groupe n'est pas armé pour gérer cette pression du résultat propre à un grand club, que reste quand même Lyon.

Reuters : Qu'est-ce que cela inspire à un joueur qui a tant gagné avec Lyon ?

Sidney Govou : Je préférerais les voir gagner, c'est sûr. Mais je me dis que c'est aussi l'évolution normale d'un club. Lyon ne peut pas gagner tout le temps et pendant vingt ans. C'est déjà extraordinaire tout le parcours et la longévité au plus haut niveau. Lyon reste une équipe du haut de tableau qui compte et ce que Rémi Garde et son groupe ont fait depuis trois ans, avec moins de moyens, c'est fort.

Reuters : La grande différence avec vos années à Lyon semble être un manque certain de caractère. Comment y remédier ?

Sidney Govou : Il faudra du temps et que certains sur le terrain prennent leurs responsabilités. C'est ce qu'il se passait quand cela allait mal à la grande époque. Il y avait toujours quelqu'un qui faisait l'effort de remotiver tout le monde. Il faut que certains comprennent ce rôle et aient désormais cet impact différent auprès des autres. Il n'y a pas cela dans le groupe, il me semble. Il a moins cette culture de la gagne. Mais là, c'est un problème de génération, ce n'est pas qu'à Lyon. Je n'aimais et je n'aime pas perdre. Et là, je ne vois pas cette haine de la défaite. Au final, cela fait beaucoup de choses en moins et cela finit par faire beaucoup. Il faudra être patient pour que Lyon redevienne Lyon !

Edité par Grégory Blachier

reuters.com

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