Les réfugiés syriens au Liban s'enfoncent dans la pauvreté
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PARIS (Reuters) - Les réfugiés syriens au Liban s'enfoncent de plus en plus dans la pauvreté et l'endettement, faute de perspectives en matière d'emploi et de logement, selon une étude publiée jeudi par l'organisation humanitaire britannique Oxfam.
Selon le Haut commissariat pour les Réfugiés (HCR), plus de deux millions de Syriens ont été forcés de fuir leur pays pour trouver refuge à l'étranger depuis le début du conflit en 2011.
Plus de 97% des réfugiés vivent dans les pays voisins, notamment au Liban qui en accueille plus de 800.000.
Selon l'étude réalisée par le Centre de Recherche et d'Innovation de Beyrouth (Bric), les réfugiés syriens et leurs familles "dépensent en moyenne plus de deux fois ce qu'elles gagnent".
Leur revenu mensuel représente environ 250 dollars tandis que la moyenne de leurs dépenses s'élève à 520 dollars, dont 250 dollars pour le loyer et jusqu'à 275 dollars pour la nourriture.
Plus de 20% vivent dans des tentes, des cabanes de fortune, des magasins et des sous-sols d'entrepôts faute de pouvoir louer un appartement.
Pour joindre les deux bouts, beaucoup déclarent avoir dépensé tout l'argent qu'ils avaient apporté de Syrie, soit 370 dollars en moyenne, ou ont emprunté de l'argent à des amis et des membres de la famille.
Certains indiquent également avoir contracté des prêts auprès "de commerçants et propriétaires libanais bienveillants" malgré l'incertitude d'un remboursement.
"Les réfugiés syriens font face à une bataille quotidienne pour survivre dans un pays où les emplois et les logements bon marché sont rares", souligne Nigel Timmins, qui coordonne la réponse d'Oxfam à la crise syrienne à Beyrouth.
"La concurrence est rude pour tous les types d'emplois, entre les réfugiés désespérés et les Libanais en situation de pauvreté qui se sentent évincés du marché du travail", ajoute-t-il. "Les emplois saisonniers dans l'agriculture, par exemple, se raréfient avec l'approche de l'hiver, rendant la situation encore plus difficile."
Si les écoles publiques libanaises sont gratuites, de nombreuses familles ne sont pas en mesure d'assumer les dépenses supplémentaires, comme le coût du transport. Résultat, seuls 25% des enfants sont scolarisés, selon le Bric, dont l'étude porte sur plus de 1.500 personnes.
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Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse
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