Karzaï renacle sur l'accord de sécurité Etats-Unis/Afghanistan
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L'accord de sécurité américano-afghan voté par la Loya Jirga
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L'accord de sécurité américano-afghan voté par la Loya Jirga
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par Hamid Shalizi et Mirwais Harooni
KABOUL (Reuters) - La Loya Jirga, assemblée traditionnelle des notables afghans, a approuvé dimanche un pacte de sécurité avec les Etats-Unis autorisant des unités de l'armée américaine à rester en Afghanistan au-delà de 2014, date du retrait complet des troupes combattantes.
Mais le président Hamid Karzaï ne paraît pas disposé à le promulguer immédiatement suivant la recommandation des notables et semble décidé à s'en servir comme d'un levier en vue de l'élection présidentielle prévue en avril.
L'assemblée avait été réunie à la demande de Karzaï pour discuter des dispositions légales qui devraient régir la présence des soldats de l'US Army dans le pays.
Au terme de quatre jours de débats, la Loya Jorga a également souhaité une promulgation rapide du texte mais sur ce dernier point le chef de l'Etat afghan a entretenu l'incertitude expliquant qu'il souhaitait attendre la tenue de l'élection présidentielle prévue en avril.
"S'il n'y a pas de paix, alors cet accord fera le malheur de l'Afghanistan", a-t-il dit. "La paix est notre condition préalable. L'Amérique doit ramener la paix et ensuite nous signerons" l'accord.
Hamid Karzaï n'a pas fourni plus d'explication à ce refus de promulguer le texte dans l'immédiat. Il avait indiqué par le passé qu'un scrutin libre et juste était nécessaire pour garantir la paix dans le pays, une position sur laquelle il n'a pas changé d'avis, a précisé son porte-parole.
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Une absence d'accord pourrait signifier un retrait total des troupes américaines présentes en Afghanistan depuis la fin de 2001 et la chute du régime taliban.
Un tel scénario signifierait que les forces de sécurité afghanes seraient livrées à elles-mêmes pour combattre l'insurrection islamiste.
Plusieurs dirigeants américains, dont le secrétaire d'Etat John Kerry et le secrétaire à la Défense Chuck Hagel, ont fait savoir que l'accord devait être promulgué avant la fin de l'année pour entamer les préparatifs d'une présence au-delà de 2014.
GARANTIE
Karzaï n'a jamais caché que la confiance était très faible entre lui et les Etats-Unis tout en reconnaissant que la signature du pacte de sécurité était largement dans l'intérêt de son pays.
Une année a été nécessaire pour parvenir à cet accord et les atermoiements de Karzaï remettent en cause l'existence de tout le processus.
Certains estiment qu'il s'inquiète de voir les Etats-Unis et les Occidentaux tenter de s'immiscer dans la présidentielle de l'an prochain.
Ayant accompli deux mandats, Karzaï ne peut plus se présenter mais il pourrait être tenté de se servir de la promulgation de l'accord comme d'un levier pour empêcher les Américains de soutenir un candidat qui n'aurait pas son approbation.
"Ce qu'il (Karzaï) demande, c'est une garantie concernant l'élection et plus probablement concernant son candidat favori", a expliqué Abdullah Abdullah, leader de l'opposition, qui avait renoncé à participer au second tour en raison des fraudes lors du scrutin de 2009.
Karzaï avait accusé la communauté internationale de s'être ingérée dans l'élection de 2009 qu'il avait remportée et d'avoir cherché à inciter les Afghans à voter pour un candidat de l'opposition.
Certains observateurs font remarquer que le pari de Karzaï est risqué car il pourrait compliquer les relations de l'Afghanistan avec ses principaux alliés internationaux et peser sur son avenir économique.
Un ministre a précisé que de nombreux membres de l'équipe présidentielle, ayant une grande influence sur Karzaï, étaient mécontents de l'accord.
Hamid Shalizi et Mirwais Harooni; Jean-Philippe Lefief et Danielle Rouquié pour le service français
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