En Thaïlande, les pro-gouvernement menacent de manifester
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En Thaïlande, les pro-gouvernement menacent de manifester
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par Amy Sawitta Lefevre et Aubrey Belford
BANGKOK (Reuters) - Les partisans du Premier ministre thaïlandais Yingluck Shinawatra, surnommés les Chemises rouges, ont annoncé mercredi qu'ils étaient prêts à se rassembler pour protéger le gouvernement de manifestants qui ont demandé l'arrestation de son chef.
L'avertissement lancé par Jatuporn Promphan, l'un des chefs de file des Chemises rouges rassemblées au sein du Front national uni pour la démocratie et contre la dictature (UDD), laisse craindre une confrontation entre les partisans du gouvernement et les opposants qui veulent réduire à néant l'influence de Thaksin Shinawatra, ancien chef du gouvernement et frère de l'actuel Premier ministre.
Le chef de file de la contestation, Suthep Thaugsuban, qui veut instaurer un "conseil du peuple" élu, a estimé que Yingluck Shinawatra devait être arrêtée et jugée pour trahison, et a ignoré l'annonce faite la veille d'élections anticipées.
"L'UDD a pour rôle de rassembler en masse les chemises rouges et les amoureux de la démocratie qui n'approuvent pas les méthodes de Suthep", a dit en retour Jatuporn Promphan à Reuters. "Il y aura bien plus de gens que ceux que Suthep a réussi à rassembler."
Il s'est cependant engagé à ne pas chercher la confrontation, et a expliqué qu'un éventuel rassemblement aurait lieu "en cas de chaos ou si le camp de Suthep emploie des méthodes violentes pour parvenir au pouvoir".
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Les contestataires, qui recrutent notamment au sein de l'élite royaliste de la capitale, accusent Yingluck Shinawatra d'être la marionnette de son frère, renversé par l'armée en 2006, qui s'est exilé pour échapper à une peine de prison.
Les Chemises rouges ont mené au printemps 2010 une série de manifestations à Bangkok, à la suite de l'invalidation par la justice de deux gouvernements pro-Thaksin Shinawatra et de l'arrivée au pouvoir par un vote parlementaire des monarchistes du Parti démocrate, principale formation opposée à l'ancien Premier ministre
Les manifestations en faveur de Thaksin Shinawatra, qui jouit toujours d'une immense popularité dans les zones rurales, ont été réprimé par l'armée au cours de heurts meurtriers, et le Parti démocrate a subi une nette défaite lors des élections de 2011, qui ont conduit à l'arrivée au pouvoir de Yingluck Shinawatra.
"COMBIEN DE TEMPS POURREZ-VOUS TENIR ?"
Après avoir contraint Yingluck Shinawatra à convoquer des législatives anticipées en réunissant lundi 160.000 opposants aux abords de la primature, Suthep Thaugsuban lui a donné mardi 24 heures pour démissionner, puis a exigé son arrestation après l'expiration de l'ultimatum le lendemain.
"Si vous n'obtempérez pas, nos manifestations vont monter en puissance jusqu'à ce que vous et la famille Shinawatra tout entière ne puissiez plus tenir", a lancé le chef de file de la contestation.
"Combien de temps pourrez-vous tenir si les gens crachent tous les jours sur votre voiture ?", a-t-il poursuivi, ce à quoi Thida Thawornseth, présidente de l'UDD, a répondu que c'était Suthep Thaugsuban qui avait "du souci à se faire".
Yingluck Shinawatra doit expédier les affaires courantes jusqu'aux élections anticipées, qui devraient avoir lieu le 2 février. Elle a ensuite l'intention de briguer un nouveau mandat à la tête du Pheu Thai.
Suthep Thaugsuban a lui-même été inculpé de sédition, mais les forces de l'ordre n'ont pas tenté de l'arrêter. Dans son dernier discours, il a invité l'armée, traditionnellement proche des royalistes, à prendre la relève de la police, plus proche de Thaksin Shinawatra, au siège du gouvernement.
Prayuth Chan-ocha, chef d'état-major des forces thaïlandaises, s'est entretenu avec lui sur une base militaire, selon la presse, mais l'information a été démentie par un représentant de la contestation.
L'appareil militaire, à l'origine de 18 coups d'Etat, assure ne pas vouloir être mêlée au conflit, mais a proposé sa médiation.
Avec Apornrath Phoonphongphiphat et Pairat Temphairojana; Jean-Philippe Lefief et Julien Dury pour le service français
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