Le foncier n'est plus le seul frein au développement des énergies renouvelables : le réseau électrique devient lui aussi un facteur limitant. Pour la première fois, Enedis publie une cartographie des zones où les délais de raccordement dépassent cinq ans, révélant les premières tensions liées à la montée en puissance du solaire et de l'éolien.L’époque où les développeurs de parcs solaires et éoliens choisissaient l’implantation de leurs futurs projets sans se soucier des disponibilités du réseau est révolue. Enedis, le gestionnaire du réseau de distribution, vient de rendre publique une carte qui identifie les zones saturées. Cette dernière fait apparaître une constellation de tâches rouges partant du sud-ouest de la France jusqu’au nord-est.
Ces tâches correspondent aux zones où « il faut plus de cinq ans pour se raccorder car il faut développer des infrastructures de transport, ou de distribution ou des postes sources », a indiqué, lors d'un point presse, Cédric Boissier, responsable des raccordements chez Enedis.
Ce niveau de saturation reste encore très éloigné de celui observé dans certains pays voisins. Au Pays-Bas, il n’existe quasiment plus de zones disponibles pour les projets renouvelables tandis qu’en Espagne, les gestionnaires des réseaux ont annoncé un taux de saturation de 83,4 %, contre environ 10 % pour la France. Un niveau qu’Enedis juge « très marginal ». « À la maille de la France, environ 2 500 producteurs sont dans l’attente de solutions de raccordements et donc de développement d’infrastructures », a néanmoins précisé à La Tribune Cédric Boissier.
Cette carte, autant redoutée qu'attendue, vise à expliquer aux développeurs et aux collectivités, qui travaillent à l'aménagement électrique du territoire, « où est-ce qu’il va être facile et rapide de se raccorder à un prix optimisé et là où ce sera plus compliqué car il sera nécessaire de développer des infrastructures », poursuit-il.
Les zones saturées se concentrent dans les territoires ruraux