Nez à la fenêtre de sa cuisine, dans son exploitation agricole à Sainte-Cécile, près de La Roche-sur-Yon, Cédric Mandin guette la pluie alors qu’un orage gronde au loin. « La sécheresse qu’on connaît actuellement est inédite, observe l’éleveur de bovins. Il a plu 65 millimètres depuis le 1er avril, moitié moins qu’en temps normal. » Si la Vendée a connu une importante sécheresse en 1976 ou dans les années 1990, elle n’était pas aussi précoce. « Là, c’est la totale, détaille l’agriculteur de 53 ans. Sécheresse, canicules à répétition, et le vent d’est, sec, crée un effet sèche-cheveux. » Sur son exploitation de 270 hectares, les champs sont arides, les prairies sont brûlées… Le paysage est digne d’une fin août.
La Vendée connaît actuellement une situation de « sécheresse extrême » en matière de pluviométrie, selon info-secheresse.fr. Au vu de la situation, le préfet de la Vendée a placé en « alerte renforcée » (niveau 3 sur 4) l’ensemble du département pour le prélèvement d’eau potable, et en « crise » (niveau 4) différentes zones, dont celle où se situe l’exploitation de Cédric Mandin et de son frère François, pour les prélèvements en eaux superficielles.
Dans l’enclos, les bovins souffrent, meuglant de désespoir. « Je leur donne un peu de paille pour qu’elles se taisent un peu », lâche l’agriculteur. Il est inquiet pour les semaines à venir. Ses silos sont quasiment vides : la sécheresse a réduit de 30 % sa récolte printanière en herbes et il a dû commencer à « soigner » (nourrir) ses bêtes dès le mois de juillet, faute de pâture dans les prés.