COR - Baptême du feu politique amer pour Edouard Martin
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Baptême du feu politique amer pour Edouard Martin
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Correction: Walter Broccoli est représentant de FO et non de la CGT
PARIS (Reuters) - La conversion politique d'Edouard Martin, leader emblématique du combat syndical à l'usine d'ArcelorMittal de Florange (Moselle), suscite l'amertume de ses anciens camarades ouvriers et les critiques acerbes de ses futurs adversaires aux européennes.
Le délégué CFDT a annoncé mardi soir sur France 2 qu'il serait tête de liste aux élections européennes de mai 2014 dans le Grand-Est, aux dépens de l'eurodéputée socialiste Catherine Trautmann, reléguée en deuxième place sur la liste PS.
"C'est une bonne nouvelle. Cette candidature montre que le PS sait rassembler", a commenté la ministre de la Santé Marisol Touraine sur France 2. Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, a salué sur France Info "une bonne chose pour les travailleurs de la Lorraine", "pour le pays".
Mais l'ancienne ministre Nadine Morano, pressentie pour diriger la liste UMP dans le Grand-Est, a dénoncé "la récompense" accordée selon elle à un syndicaliste "qui menait un combat personnel et surtout un combat politique".
"L'heure de la récompense a sonné mais aussi d'assumer la politique du gouvernement qui l'a trahi", a-t-elle déclaré sur Twitter.
Il y a un peu plus d'un an, Edouard Martin avait accusé publiquement de trahison François Hollande et Jean-Marc Ayrault après l'extinction des hauts-fourneaux de Florange.
Le vice-président du Front national Florian Philippot, tête de liste Front national dans le Grand-Est, a estimé mercredi sur i>TÉLÉ que le syndicaliste était "allé à la soupe". "Edouard Martin, c'est la trahison à Florange", a-t-il dit.
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"AU MILIEU DES LOUPS"
Un jugement qui fait écho aux réactions désabusées des anciens combattants de lutte du syndicaliste.
"Il va se retrouver demain au milieu des loups qu'il nous a encouragés à combattre hier. Nous, on est très dubitatifs aujourd'hui sur la sincérité de sa démarche", a déclaré sur i>Télé Frédéric Weber, délégué Force ouvrière (FO) à l'usine de Florange.
"Il a toujours dit, 'le but c'est de pouvoir se regarder le matin dans le miroir'. Je pense qu'il a dû les démonter de chez lui les miroirs, parce que je peux vous dire qu'aujourd'hui, ce n'est plus du tout l'homme qui était un frère d'armes hier", a-t-il poursuivi.
Frédéric Weber craint que le combat pour Florange en soit décrédibilisé : "Les gens auront toujours le doute de savoir si ça a été fait pour des buts de carrière personnelle ou si on a même été manipulés à un moment dans ce combat".
Walter Broccoli, responsable FO, se sent "trahi".
"Je pense qu'il sera beaucoup mieux comme politicien que comme syndicaliste. Maintenant, on sait à qui on à faire", a-t-il dit sur BFM TV.
Le maire socialiste de Florange, Philippe Tarillon, assure qu'Edouard Martin n'est pas "dans le calcul" mais "dans la sincérité".
"Ceux qui pensent qu'il a fait ça par calcul et par carriérisme, franchement ils ne le connaissent pas", a-t-il affirmé sur BFM TV.
Sophie Louet, édité par Yves Clarisse
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